Interview
de Gérard KANCEL
Notheaux :
« Je suis comblé »
L'ex-coach
rémois, en route pour l'accession avec Valence, souhaite rendre aux Stadistes
la monnaie de leur pièce de l'aller.
L'homme
est un habitué des missions périlleuses et celle que lui a confiée la
saison passée les dirigeants de l'Association Sportive d'Origine Arménienne
de Valence n'est sans doute pas la plus délicate qu'il a eue à mener.
Didier Notheaux, 53 ans, ex-coach d'une bande de chômeurs à Reims début 90,
est en passe de hisser le club valentinois issu de la fusion de l'USJOA et du
FC Valence, dans l'antichambre de l'élite.
Le célèbre moustachu, ancien sélectionneur du Burkina Faso, sent bien le
coup, même si, avant d'accueillir Reims, un des clubs de son cœur, il
attendait avec impatience le résultat de Sète-Angoulême disputé hier soir.
« Notre état d'esprit pourrait être aussi fonction de la performance
des Angoumoisins ».
Didier Notheaux, Valence semble s'être bien repris
après un début d'année plutôt hésitant ?
« Partager les points avec Angers et Clermont, perdre à Alès
dans des conditions très particulières (*), vous appelez cela une baisse de
régime ? Moi je pense que nous poursuivons notre route sans faiblir et,
à mes yeux, c'est l'essentiel ».
Y a-t-il une explication à la bonne saison réalisée
par votre équipe ?
« Je suis un entraîneur comblé. A la tête de ce groupe,
tout semble facile, je n'ai qu'à faire mon travail. Ce groupe dégage une
telle solidarité. Humainement, il est exceptionnel ».
Mais il n'y a pas que ça.
« C'est vrai, il y a aussi de la qualité et une mentalité générale
au niveau du travail qui ne se dément pas. L'osmose est parfaite entre des
joueurs tels Leclercq ou Fayolle qui ont évolué au plus haut niveau, et ceux
venus d'horizons différents et qui ont envie de prouver leur valeur.
De plus, l'équipe évolue dans une excellente ambiance. C'est toujours plus
facile quand les résultats suivent. »
Valence fait la course en tête depuis le début,
pourtant, comme les autres prétendants, il n'est pas sûr d'atteindre son
objectif.
« Tout est génial et fragile à la fois. Dans tous les
championnats du monde, avec deux points de moyenne par match, on serait
leader. Là, nous ne sommes que deuxième, avec seulement sept points d'avance
sur le cinquième.
En début de saison, je pensais que 68 points suffiraient pour monter. Il en
faudra sans doute au moins 70. Pour nous, il s'agit maintenant de gagner six
de nos treize derniers matches ».
Cette fin de
saison se jouera sur les nerfs.
« Ce sera tendu, crispé pendant encore un bon moment. Chaque
journée apportera son lot de surprises ou de confirmations. Prenez cette 26e
journée : si Angoulême est battu à Sète ce soir (hier) et que nous
battons Reims, nous le repoussons à dix points. Qui peut dire que ce sera un
écart décisif ? »
Vous, l'ancien coach stadiste, quel regard
portez-vous sur le Stade de Reims ?
« Je le répète souvent : la première mi-temps jouée
à Reims au match aller, est la meilleure à laquelle j'ai assisté cette
saison. C'était du très haut niveau. Nous avons encaissé un but juste à la
reprise, ensuite Reims a beaucoup défendu et nous beaucoup attaqué, mais
sans réussite.
Reims joue bien au ballon et sa démarche semble cohérente. C'est une équipe
qui sait subir et contre-attaquer ».
Quelle importance attribuer à une telle
confrontation directe entre prétendants ?
« On souhaite toujours l'emporter et s'affirmer tant au
niveau comptable que psychologique. Mais l'objectif principal pour l'équipe
qui reçoit est de ne pas perdre.
La montée se joue certes à domicile, mais sans doute à l'extérieur. Ce
match est plus délicat à négocier pour nous. Les confrontations directes
servent aussi à solder les comptes. Si nous l'avions emporté à Reims, tout
serait différent. Enlevez trois points aux Rémois et rajoutez-les nous et
vous comprendrez ».
Pensez-vous que le quatuor gagnant est déjà connu ?
« On ne peut pas éliminer Angoulême, une équipe qui dégage
beaucoup d'énergie. Alors que l'on pensait qu'il allait s'écrouler, il est
encore là et bien là. Je ne crois pas que cette équipe qui a consenti tant
d'efforts pour s'accrocher, laissera tomber aujourd'hui. D'où l'importance de
son résultat à Sète ».
(*) A Alès, les Valentinois estiment
être tombés dans un véritable guet-apens. Agressions, insultes,
provocations, tout y était. Notheaux se félicite du comportement exemplaire
de ses joueurs ce soir-là.
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