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Samedi 2 mars 2002


Interview de Gérard KANCEL

Notheaux : « Je suis comblé »

L'ex-coach rémois, en route pour l'accession avec Valence, souhaite rendre aux Stadistes la monnaie de leur pièce de l'aller.

L'homme est un habitué des missions périlleuses et celle que lui a confiée la saison passée les dirigeants de l'Association Sportive d'Origine Arménienne de Valence n'est sans doute pas la plus délicate qu'il a eue à mener.
Didier Notheaux, 53 ans, ex-coach d'une bande de chômeurs à Reims début 90, est en passe de hisser le club valentinois issu de la fusion de l'USJOA et du FC Valence, dans l'antichambre de l'élite.
Le célèbre moustachu, ancien sélectionneur du Burkina Faso, sent bien le coup, même si, avant d'accueillir Reims, un des clubs de son cœur, il attendait avec impatience le résultat de Sète-Angoulême disputé hier soir. « Notre état d'esprit pourrait être aussi fonction de la performance des Angoumoisins ».


Didier Notheaux, Valence semble s'être bien repris après un début d'année plutôt hésitant ?
« Partager les points avec Angers et Clermont, perdre à Alès dans des conditions très particulières (*), vous appelez cela une baisse de régime ? Moi je pense que nous poursuivons notre route sans faiblir et, à mes yeux, c'est l'essentiel ».


Y a-t-il une explication à la bonne saison réalisée par votre équipe ?
« Je suis un entraîneur comblé. A la tête de ce groupe, tout semble facile, je n'ai qu'à faire mon travail. Ce groupe dégage une telle solidarité. Humainement, il est exceptionnel ».


Mais il n'y a pas que ça.
« C'est vrai, il y a aussi de la qualité et une mentalité générale au niveau du travail qui ne se dément pas. L'osmose est parfaite entre des joueurs tels Leclercq ou Fayolle qui ont évolué au plus haut niveau, et ceux venus d'horizons différents et qui ont envie de prouver leur valeur.
De plus, l'équipe évolue dans une excellente ambiance. C'est toujours plus facile quand les résultats suivent. »


Valence fait la course en tête depuis le début, pourtant, comme les autres prétendants, il n'est pas sûr d'atteindre son objectif.
« Tout est génial et fragile à la fois. Dans tous les championnats du monde, avec deux points de moyenne par match, on serait leader. Là, nous ne sommes que deuxième, avec seulement sept points d'avance sur le cinquième.
En début de saison, je pensais que 68 points suffiraient pour monter. Il en faudra sans doute au moins 70. Pour nous, il s'agit maintenant de gagner six de nos treize derniers matches ».

Cette fin de saison se jouera sur les nerfs.
« Ce sera tendu, crispé pendant encore un bon moment. Chaque journée apportera son lot de surprises ou de confirmations. Prenez cette 26e journée : si Angoulême est battu à Sète ce soir (hier) et que nous battons Reims, nous le repoussons à dix points. Qui peut dire que ce sera un écart décisif ? »


Vous, l'ancien coach stadiste, quel regard portez-vous sur le Stade de Reims ?
« Je le répète souvent : la première mi-temps jouée à Reims au match aller, est la meilleure à laquelle j'ai assisté cette saison. C'était du très haut niveau. Nous avons encaissé un but juste à la reprise, ensuite Reims a beaucoup défendu et nous beaucoup attaqué, mais sans réussite.
Reims joue bien au ballon et sa démarche semble cohérente. C'est une équipe qui sait subir et contre-attaquer ».


Quelle importance attribuer à une telle confrontation directe entre prétendants ?
« On souhaite toujours l'emporter et s'affirmer tant au niveau comptable que psychologique. Mais l'objectif principal pour l'équipe qui reçoit est de ne pas perdre.
La montée se joue certes à domicile, mais sans doute à l'extérieur. Ce match est plus délicat à négocier pour nous. Les confrontations directes servent aussi à solder les comptes. Si nous l'avions emporté à Reims, tout serait différent. Enlevez trois points aux Rémois et rajoutez-les nous et vous comprendrez ».


Pensez-vous que le quatuor gagnant est déjà connu ?
« On ne peut pas éliminer Angoulême, une équipe qui dégage beaucoup d'énergie. Alors que l'on pensait qu'il allait s'écrouler, il est encore là et bien là. Je ne crois pas que cette équipe qui a consenti tant d'efforts pour s'accrocher, laissera tomber aujourd'hui. D'où l'importance de son résultat à Sète ».


(*) A Alès, les Valentinois estiment être tombés dans un véritable guet-apens. Agressions, insultes, provocations, tout y était. Notheaux se félicite du comportement exemplaire de ses joueurs ce soir-là.

 

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