LES ARCHIVES SEPTEMBRE 2001

Par Mois

                                                      

Championnat : 6ème Journée

Samedi 1er septembre 2001

STADE DE REIMS - NOISY-LE-SEC : 6-0

 

6-0 et une place de leader en prime

 

... mais Nasser Sandjak a la dent dure !

"Samedi, ce n'était pas du football" lance Nasser Sandjak, 

l'entraîneur des Noiséens, qui vilipende l'arbitrage. 

Et de préciser : "Notre équipe a archi dominé" 

 

Reims n'a pas de buteur mais cartonne. Ce n'est pas le moindre des paradoxes, d'autant que Noisy-le-Sec est réputé pour sa défense "hermétique". Hier soir, les banlieusards, réduits à dix puis à neuf alors que le Stade menait déjà 3-0, ont pris l'eau de toute part. Et dire que ce déplacement à Reims constituait pour eux un "match de référence" !  

Ces six buts - signés Denquin (à la 5ème minute puis en fin de match), Akpakoun, François, Liabeuf et Laurent sur un coup de génie à l'ultime seconde - permettent aux Rémois d'occuper provisoirement le fauteuil de leader. Leurs adversaires directs, engagés en Coupe de la Ligue, ne joueront que le mardi 11.

 

Les Rémois, soutenus par plus de 4 000 spectateurs, n'ont pas mis longtemps à forcer le verrou noiséen. On jouait depuis moins de 5 minutes lorsque Denquin ouvrait le score comme à la parade sur une reprise de volée, à la suite d'une superbe combinaison signée Guillou-François-Liabeuf : ouverture en profondeur de Guillou, déviation de François pour Liabeuf, sur l'aile gauche, qui centre pour Denquin.

Jamais menacés, le Stadistes menaient ensuite le jeu à leur guise, s'offrant même le luxe de quelques frayeurs devant leurs buts pour cause de... déconcentration de la défense.

 

Akpakoun : impairs et marque

Dès la reprise, Akpakoun, idéalement décalé par Lafond devant le but adverse, manquait l'immanquable. Il récidivait quelques minutes plus tard sur un service millimétré de Guillou, rayonnant samedi soir.

Affecté par ses deux échecs consécutifs, l'attaquant rémois allait cependant se reprendre au quart d'heure de jeu. Au terme d'un raid solitaire de 50 mètres sur son aile gauche, Liabeuf fixait deux défenseurs et glissait la balle au "canonnier de Cotonou" qui, cette fois, faisait trembler les filets de Lucas (58ème).

A 2-0, la messe était dite. Plus encore lorsque les Noiséens furent réduits à 10 à la suite d'un mauvais geste de Felletin (déjà porteur d'un carton jaune) sur Létang. Libre de tout marquage, Guillou allait profiter de l'occasion pour monter aux avants-postes et se réconcilier, une bonne fois pour toutes, avec le public. A l'issue d'un excellent travail sur l'aile droite, le long de la ligne de corner, l'ex-Rennais mystifiait les défenseurs et centrait devant le but. François était à la conclusion pour signer le 3-0 (69ème).

 

      Guillou agressé

Mais ce n'était qu'un avant-goût du final en apothéose offert par le Onze rémois. Final dont fut privé Jonathan Guillou victime, à la 70ème, d'une agression en règle sous la forme d'un violent coup de coude de Lounis Sandjak. Samedi soir, le milieu de terrain rémois, pour lequel on craignait une fracture de la mâchoire, a dû être hospitalisé pour deux dents cassées... dont une arrachée !

Nerveux, plus agressifs que jamais, les Noiséens allaient cependant boire le calice jusqu'à la lie via Liabeuf, dont le "genou bloqué" ressemblait fort à un coup de bluff de Marc Collat (contrôle-reprise sur un service de Laurent à la 79ème), Denquin (dribble sur le gardien à la suite d'une mauvaise passe en retrait - 82ème) et Laurent qui, à l'ultime seconde, s'est offert le luxe d'expédier une balle lobée en pleine lucarne depuis le rond central.

Peu de temps avant Repeurné avait propulsé un missile sur la barre et Ducourtioux, des 20 mètres, avait expédié une volée plein cadre.

6-0 : de mémoire de spectateurs rémois, on n'avait pas souvenance d'un tel score depuis les années 70 et la grande époque de Carlos Bianchi. Ce jour là, la victime 

expiatoire avait pour nom le PSG.

M.H.

  

 

Les Parisiens "écoeurés"...

"Il y a des matches à l'extérieur pour lesquels on ne devrait même pas se déplacer !" lançait Nasser Sandjak après la rencontre. L'entraîneur noiséen se dit "écoeuré", non pas par la lourdeur du score, mais par... l'arbitrage. Voyage au bout de l'enfer ! 

 

        Huit matches de suspension pour Lounis Sandjak

Victime d'un violent coup de coude au visage lors de Reims-Noisy le Sec, le milieu de terrain rémois Jonathan Guillou a déposé plainte contre Lounis Sandjak. La sanction sportive est tombée vendredi 7 septembre : 8 matches fermes de suspension pour le Noiséen. Le club de Noisy-le-Sec a fait appel de cette décision.

 

 

RÉSUMÉ EXPRESS 

Stade de Reims - Noisy-le-Sec : 6-0

Buts : Denquin (5ème, 82ème), Akpakoun (58ème), François (69ème), Liabeuf (79ème), Laurent (92ème)

Avertissements : Pour Reims : Mazuel (36ème) - Pour Noisy-le-Sec : Boulila (16ème), Felletin (54ème et 60ème), Haddou (61ème). Expulsions des Noiséens Felletin (60ème) et Lounis Sandjak (74ème).

Arbitre : M. Biton.

4 350 spectateurs

 

REIMS : Tingry - Ducourtioux, Mazuel, Lafond, Létang - Guillou (Liron, 75ème), Laurent, Denquin, Liabeuf - Akpakoun (Reuperné, 70ème), François (Elouaari, 70ème). Entr. : Marc Collat.

NOISY-LE-SEC : Lucas - Hadoun, Mourine, Nancy (Felletin, 49ème), Kande, Boulila - Preira (Tchana, 24ème), Lou. Sandjak, Moughfire - Boniface, Aïchour (Guizonne, 75ème). Entr. : Nasser Sandjak.

 

 

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Championnat : 7ème Journée

Vendredi 7 septembre 2001 

ALES - STADE DE REIMS : 1-2

Buts pour Reims : Létang (57ème), Denquin (70ème)

But pour Alès : Mazuel (87ème csc)

 

Reims fait la course en tête

 

A Alès, le Stade a fait l'essentiel du jeu, Létang et Denquin concrétisant sur coups francs un avantage aux points logique.

Histoire, sans doute, de pimenter un peu une fin de partie monocorde, Mazuel s'est offert le luxe d'inscrire un but contre son camp à la 87ème. Le défenseur rémois, respectueux des consignes de Marc Collat, a l'habitude de servir en retrait... mais tout de même pas quand tu es devant la cage, Mazu !

Bonne soirée pour les Rémois qui confortent leur place de leaders avec deux points d'avance sur Toulouse et Angoulême qui comptent un match en retard, tandis que les Alésiens glissent en queue de classement.

Seule équipe invaincue du Championnat, meilleure attaque, meilleure défense... et, sans doute, meilleur public : les Rouges et Blancs collectionnent 

les titres honorifiques en ce mois de septembre.

M.H.

 

Trois buts... rémois !

57ème - Akpakoun prend de vitesse la défense cévenole. Les Alésiens n'ont d'autre solution que de le ceinturer pour stopper sa course. Coup franc plein axe aux 25 mètres. Artificier désigné, Olivier Létang enroule son ballon qui va se loger sous la transversale de Vialet. Imparable !

70ème - Sur son aile gauche, Liabeuf donne le tournis à la défense alésienne depuis plus d'une heure. Yannick Liron (le frère du Rémois), "usé" par des dizaines de dribbles chaloupés, ne peut plus contenir le bouillant attaquant stadiste. Cette fois, il doit se résoudre à le stopper irrégulièrement. Coup franc de Reuperné sur l'aile gauche, qui dépose le ballon sur la tête de Denquin, en embuscade au premier poteau. Tête plongeante décroisée du petit milieu rémois, qui trompe inexorablement Vialet.

87ème - C'est la bronca dans le stade. Les Alésiens ont rendu les armes depuis belle lurette, et les Stadistes s'acheminent vers une fin de match de tout repos lorsque Franck Mazuel va, bien involontairement, relancer les locaux. A la réception d'une tentative de El Hajri, le défenseur rémois veut dégager la balle en corner, mais "dévisse" sa tête... et trompe Tingry ! Plus de peur que de mal, en final... Mazu, vous me ferez 50 pompes !

 

Résumé express

Alès - Stade de Reims : 1-2

Buts : Létang (57ème), Denquin (70ème) pour Reims - Mazuel (87ème, csc) pour Alès.

Avertissements : Pour Reims : Liabeuf (51ème) - Pour Alès (Faivre, 56ème).

Arbitre : M. Chéron.

1 700 spectateurs

REIMS : Tingry - Ducourtioux (Benwadih, 86ème) Mazuel, Lafond, Létang - Laurent, Repeurné, Denquin, Liabeuf - Akpakoun (Ludovic Liron, 66ème), François (Elouaari, 66ème). Entraîneur : Marc Collat.

ALES : Vialet - Yannick Liron (frère de Ludovic), Bekhti, Pasqualetti, Usaï - Faivre (Larcier, 59ème), Chandioux, Basile, Rossetti (Akoun, 66ème) - Boukoko, El-Hajri. Entraîneur : Jacky Novi.

 

 

Réaction " à chaud " d'un supporter alésien

 

" L'OAC a été humilié"

 "Je reviens du stade où j'ai assisté à la plus grande humiliation de l'OAC sur sa pelouse depuis bien des années.
Les joueurs ont totalement confirmé leur état d'esprit actuel: manque de combativité, je m'en foutisme généralisé, niveau technique et tactique lamentable.
Face aux Rémois ils ont été dominés de A à Z sans jamais pouvoir contester cette domination. La réduction du score en fin de match (sur un but csc) illustre parfaitement la physionomie du match : pour que les Alésiens marquent ils ne pouvaient vraiment compter que sur une erreur Rémoise.
C'est vraiment catastrophique mais on ne peut vraiment pas dire qu'on ne s'y attendait pas. Cette défaite était gravée dans le marbre depuis plusieurs jours.
Les joueurs Alésiens sont malades, il faut les soigner de toute urgence.
J'accuse le président, les dirigeants, l'entraîneur et surtout les joueurs de non assistance à public humilié.
Ce soir les joueurs d'Alès ressemblaient vraiment à des enfants qui regardaient jouer des grands.
Finalement pour atténuer cette défaite on pourra toujours se dire que Reims à gagné à domicile puisque 50 Rémois ça fait plus de bruit que 3 000 Alésiens et que sur le terrain les Rémois étaient chez eux grâce à une domination de tous les instants.
Voilà pour ce que j'ai à dire à chaud même si c'est un peu décousu car j'écris sous le coup de la colère et je fais de gros efforts pour rester poli." Johan Tizi

 

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Championnat : 8ème Journée

Samedi 15 septembre 2001 

STADE DE REIMS - VALENCE : 2-0

Buts de David François (46ème) et Christophe Laurent (81ème)

 

 Une bouffée de fraîcheur

Nous garderons les superlatifs pour plus tard. Et pourtant, samedi soir, ce grand rendez-vous de Delaune avait quelque chose de magique, un parfum particulier, comme une bouffée de fraîcheur au milieu d'une semaine aux relents âcres.

En tout juste deux heures, ce nouvel et bel exemple de communion entre l'équipe et son public a balayé le stress ambiant, perceptible en début de soirée, pour donner place à une forme de sérénité un peu irréelle.

Un tour d'honneur et une standing-ovation qui s'éternisent, des instants privilégiés que l'on prolonge pour mieux les partager et les savourer, le fameux "I will survive" qui émerge spontanément de la Méano... En regard de l'événement, la communauté Rouge et Blanche,  joueurs comme spectateurs, semblait agréablement décalée.

Oui, mais voilà ! Au vu des précédentes rencontres, au vu du match de toute beauté livré hier soir contre un autre prétendant affiché à l'accession, le public rémois (que l'on n'avait jamais vu aussi nombreux en National !) a compris que ses Rouges étaient bel et bien taillés pour la D2.

Les faits  lui donnent raison. Reims se promène en tête du National, aux côtés de Toulouse, tandis que ses plus proches poursuivants (Angoulême et Clermont) pointent déjà à quatre longueurs.

Samedi prochain (18 heures) c'est en conquérants que les Stadistes se rendront à Colombes pour affronter le Racing.

M.H.

 

 

Ce qu'ils en pensent...

Marc Collat - "Neuf points en trois matches, c'est énorme. Nous allons essayer de continuer sur cette lancée, car nous savons que pour se garantir un bon parcours en championnat, il faut réaliser ce genre de séries".

Cédric Liabeuf - "Nous n'avons pas reçu Valence en nous disant "nous sommes deuxièmes du championnat", mais en essayant de les mettre le plus loin possible de nous pour faire le trou avec les 5èmes et 6èmes. Nous ne nous enflammons pas. Le championnat est très long et nous n'en sommes qu'à la huitième journée".

Propos recueillis par Christophe Hébert (L'Union)

 

 

Le film de la rencontre

12ème - D'entrée de jeu, les Valentinois prennent l'initiative, face à des Rémois qui

 n'ont pas encore trouvé leurs marques. A la 12ème, la domination sensible de Valence se concrétise par une action de but de Fayolle. Mais le tir à ras de terre du milieu de terrain drômois n'inquiète pas Tingry, bien placé sur l'action.

16ème - Les Rémois, toujours à la peine, parviennent peu à peu à rééquilibrer les débats. Jonathan Guillou, qui a récupéré un nombre incalculable de ballons samedi soir, se risque aux avants-postes et expédie un boulet de canon des 16 mètres. Claquette d'Elana, l'excellent gardien valentinois, qui détourne la balle.

Sur le corner, à l'issue d'une combinaison bien huilée entre quatre joueurs rémois, le ballon parvient à Franck Mazuel qui place une frappe cadrée des 16 mètres. Mais, Elana est bien placé. 

18ème - Point fort de l'équipe drômoise, le bloc défensif de Valence est bien en place. Les Rouges et Blancs ne parviennent pas à s'y infiltrer malgré un rapide jeu en mouvement. En leader quasi "charismatique" de l'équipe rémoise, David François prend ses responsabilités et tente plusieurs frappes de loin qui mettent à contribution le gardien valentinois (18ème puis 23ème).

46ème - Le coup d'envoi de la seconde période vient à peine d'être donné. Une première déferlante rémoise s'abat sur l'arrière-garde valentinoise. Ce sera la bonne ! Le virevoltant Cédric Liabeuf, scotché à son côté droit près du point de corner, se débarrasse de ses vis-à-vis, centre et dépose le ballon sur la tête de David François qui, d'une tête plongeante décroisée, mystifie le gardien valentinois. 1-0 pour le Stade de Reims.

48ème - David François, dans tous les coups hier soir, sert Cédric Liabeuf, infiltré dans la surface, mais cette fois Elana a le dernier mot.

50ème - Valence tente de passer à la vitesse supérieure pour refaire son handicap et desserre son étau défensif. Du coup, les Rémois s'engouffrent dans les espaces. David Ducourtioux vient de faire l'essentiel en prenant de vitesse les défenseurs valentinois. Il offre un "caviar" à Akpakoun qui dilapide une balle de but. L'attaquant rémois, dans un "jour sans", sera remplacé à la 63ème.

51ème - Sur la relance, Calenda lance Dabo qui se présente seul face à Tingry. Prise de risque maximale du gardien rémois qui parvient à s'imposer, mais se blesse sur l'action.

57ème - François, Guillou, Denquin, Repeurné... et les autres (tous les autres !) donnent le tournis à l'équipe valentinoise. François, des 20 mètres, ajuste une frappe pure. Elana sauvent encore les siens.

68ème - Valence n'a pas abdiqué. Le Stade, qui s'est offert la bagatelle de 5 ou 6 balles de but samedi soir, n'a encore qu'une unité d'avance au compteur. Carmona, sur une volée, est bien près de réduire cet avantage à néant, mais Franck Mazuel veille. Il dégage devant sa ligne.

81ème - C'est la délivrance. Sur un contre, Christophe Laurent hérite d'une balle de but et tire. Le gardien repousse, mais le ballon revient sur le milieu rémois qui ne laisse pas passer cette seconde chance. 2-0 pour le Stade.

Les dix dernières minutes ne sont plus qu'une promenade de santé pour les Stadistes qui multiplient les raids ravageurs dans les 16 mètres valentinois. A la 86ème, Jérémy Denquin est tout près d'inscrire le troisième but, mais il s'enflamme et ne cadre pas son ballon. Dans l'ambiance survoltée de cette fin de match, qui oserait lui en tenir rigueur...

 

Résumé express

Stade de Reims - Valence : 2-0

Buts : François (46ème), Laurent (81ème) pour Reims.

Avertissements : Pour Reims : François (68ème) - Pour Valence (Fabra, 69ème, Leclercq, 77ème, Stephan, 90ème).

Arbitre : M. Goulard.

5 950 spectateurs

REIMS : Tingry - Ducourtioux, Mazuel, Lafond, Liron - Laurent, Guillou (Repeurné, 84ème), Denquin, Liabeuf - Akpakoun (Létang, 63ème), François (Pallier, 84ème). Entraîneur : Marc Collat.
VALENCE - Elana - Stinat, Leclercq, Fabra, Traoré - Calenda (Kossingou, 84ème), Fayard, Stéphan, Fayolle - Dabo (Tchomogo, 66ème), Carmona. Entraîneur : Didier Notheaux.

 

 

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Samedi 22 septembre 2001

9ème journée de Championnat

RACING CLUB DE PARIS - STADE DE REIMS : 0 - 0

 

David, gardien du Temple

 

Rarement de la main, mais souvent au pied, de la cuisse, du genou, de la tête... David Ducourtioux, "gardien" de pure circonstance après l'expulsion d'Olivier Tingry, a fait vibrer le kop rémois pendant 80 minutes. A vrai dire, tout cela est très exagéré car la défense rémoise a si bien muselé l'attaque du Racing qu'il n'a guère eu à s'employer. Ce doit être l'une des toutes premières fois dans l'histoire du football qu'une équipe ne parvient pas à marquer face à un adversaire qui joue sans gardien.

 

Samedi soir, Jean-Michel Cavalli a sans doute eu le sommeil agité. Il misait tout sur ce match au sommet contre Reims pour relancer son équipe et préserver son fauteuil d'entraîneur... mais celui-ci tenait davantage du siège éjectable après la rencontre. Toutefois, le président parisien lui a apporté un soutien appuyé (1) qui ne fait cependant pas l'unanimité parmi les supporters. Loin s'en faut.

Le Stade, réduit à dix et privé de gardien d'entrée de match, est en effet parvenu - sans grande difficulté, mais à force de courage - à neutraliser un groupe parisien sans âme, incapable de développer l'esquisse d'une trame de fond de jeu. On savait le Racing malade, mais on ne l'imaginait pas à l'agonie. Avec une once de réussite en plus, le Stade aurait même pu l'emporter au score, à défaut d'avoir glané une victoire morale qui ne souffre d'aucune contestation.

 

1) Dans une interview accordée après le match au Parisien, Gilles Dumas, le président du Racing, affirme qu'il maintiendra sa confiance à Jean-Michel Cavalli jusqu'à la fin de la saison.      

 

 

POUR EN SAVOIR PLUS

 

Si l'on se réfère aux règles

 

Tingry ne méritait pas d'être expulsé

 

Olivier Tingry méritait-il, ou non, d'être expulsé ? Compte tenu de la physionomie du match, le débat est d'autant plus intéressant que cette décision coûte vraisemblablement deux points au Stade.

Même si l'on ne peut réécrire l'Histoire, Emmanuel Bibault a compulsé l'ouvrage de référence de la Fédération Française de Football, "Le football et ses règles". Il propose deux schémas possibles dans ce type de situation :

 

La main doit être intentionnelle pour valoir une faute et un carton rouge.

Un gardien peut très bien faire une main en-dehors de la surface sans être expulsé. L'arbitre doit juger s'il y a danger de but immédiat et si la main est volontaire.

 

Selon Emmanuel Bibault, le seul débat concernant cette expulsion est donc : "La main était-elle volontaire et y avait-il danger immédiat de but ?"

 

Rappelons qu'Olivier Tingry a capté le ballon dans sa surface, puis l'a relâché à la suite d'une glissade. Il l'a alors touché (involontairement) alors qu'il franchissait la ligne, mais il n'y avait plus danger de but à cet instant. La conclusion s'impose donc d'elle-même. 

 

 

Racing Club de Paris - Stade de Reims : 0-0

Expulsion : Olivier Tingry (10ème) pour Reims.

Avertissements : Pour Reims : Liron (40ème), Laurent (45ème) - Pour le Racing : Bouabdellah (4ème), Lachaab (43ème) pour simulation de faute dans la surface, Aït-Yahia (73ème), Leonetti (86ème).

Arbitre : M. Tavelet.

Environ 1 400 spectateurs, dont un millier de Rémois supra motivés.

REIMS : Tingry - Ducourtioux, Mazuel, Lafond, Liron - Létang, Guillou, Laurent, Denquin (Bertrand, 59ème), Liabeuf (Akpakoun, 68ème) - François (Pallier, 68ème). Entraîneur : Marc Collat.

RACING - Grange - Lalisse, Aït-Yahia, Leonetti, Elbaï - Poisson, Aït-Alia, Zaaboub (D'Amore, 59ème), Bouabdellah  - Soler (Caumartin, 73ème), Lachaab (Diallo, 86ème). Entraîneur : Jean-Michel Cavalli.

 

Surtaxe

Les supporters rémois qui ont acheté leurs billets à Colombes ont eu une bien mauvaise surprise, puisqu'ils ont dû payer les places au double de leur valeur. Explication : les guichetiers affirmaient ne disposer d'aucun carnet pour la tribune latérale dans laquelle était regroupé le public rémois. Il était donc impératif d'acheter un billet en tribune d'honneur pour y pénétrer. Les étudiants, eux non plus, ne pouvaient bénéficier du demi-tarif habituellement pratiqué sur tous les stades. Evidemment, les Champenois n'avaient accès qu'à un seul guichet de vente. Cela va sans dire. 

 

 

Le Racing tire les leçons

 

"Nos supporters ont pris une bonne leçon face aux supporters rémois", lance Jean-Michel Cavalli. Dans ses déclarations d'après-match, l'entraîneur du Racing ne mâche pas ses mots. Gilles Dumas non plus...

 

Jean-Michel Cavalli : "On a joué à l'extérieur"
 « Il n’a manqué ce soir que le but... On a joué à l’extérieur et je pense que nos supporters ont pris une bonne leçon face aux supporters rémois. Quand il nous arrive de prendre une leçon, on sait en tirer les conséquences : j’espère que nos supporters en feront autant ...Les joueurs ont donné le maximum contre une équipe bien regroupée derrière et on a eu du mal à trouver les intervalles. L’équipe doute, c’est clair ! »

Gilles Dumas : "On a vu un gros match de Reims"
« Ce soir, on a vu un gros match de Reims : il n’y a pas grand chose d’autre à dire... C’est un match un peu bâtard après l’expulsion rapide du gardien adverse. On a encore été inefficace, mais les gars n’ont pas triché ce soir et ont tout donné. Quand on reçoit Reims, on sait qu’on joue à l’extérieur ... Arithmétiquement, ce n’est clairement pas une bonne nouvelle : il faut prendre les matches un par un et ne pas se poser trop de questions. Je voudrais réagir aux quelques cris que j'ai entendus à la fin du match : Jean-Michel Cavalli est et restera entraîneur au moins jusqu'à la fin de la saison. Que ce soit clair une bonne fois pour toutes ! Si j'étais persuadé que le virer nous ferait monter en D 2, je le ferais immédiatement, mais ce n'est pas le cas...»

 

 

"Le Racing ne répond plus"

Le doute n'est désormais plus permis. Le Racing va mal. Très mal. Depuis deux mois, Jean-Michel Cavalli clame que la montée n'est pas son objectif, malgré un budget confortable associé à un effectif aguichant sur le papier. Douzième (mais à égalité de point avec le premier relégable, Noisy-le-Sec), son équipe est aujourd'hui en passe de lui donner raison.

Alors que les plus pessimistes évoquent déjà les syndromes du Paris FC et du Red Star, les Ciel et Blanc ont une nouvelle fois affiché de grosses carences samedi face à une belle équipe de Reims qui a préservé son invincibilité.

Le plus navrant dans ce contexte de profonde déliquescence, c'est que le Racing a évolué en supériorité numérique pendant quatre-vingts minutes et face à un gardien de fortune, David Ducourtioux après l'expulsion d'Olivier Tingry (11ème). Un coup de pouce du destin qui ne lui a même pas permis de retrouver enfin le chemin des filets et de briser une stérilité offensive qui dure maintenant depuis 407 longues minutes.

Après une prestation aussi consternante, on reste également sidéré devant l'absence de prise de risque et de révolte de cette équipe, qui n'a que rarement tiré aux buts. Ducourtioux aura ainsi passé une soirée assez tranquille dans un rôle inhabituel pour lui.

« On sent vraiment que cette équipe du Racing est en plein doute, explique Marc Collat, l'entraîneur rémois. J'ai néanmoins été surpris qu'ils restent à cinq derrière, en jouant à onze contre dix. On s'attendait également à avoir des centres devant notre but et des tirs de loin. Finalement, on n'a pas souvent été inquiétés. »

Pendant que Reims profite du report du match de Toulouse pour s'emparer du fauteuil de leader, le Racing, malgré une situation qui empire au fil des matchs, a décidé de prôner l'union sacrée.

Après une soirée en commun mercredi, de nombreux Racingmen sont ainsi allés dîner avec leurs dirigeants et leurs entraîneurs samedi soir. Et en réponse aux «Cavalli démission !» qui se sont échappés à plusieurs reprises des tribunes, Gilles Dumas, qui est resté enfermé dans les vestiaires durant trente longues minutes avec son entraîneur et ses joueurs, a réagi sans ambiguïté.

« Par rapport aux quelques cris que j'ai entendus, je vais être très clair, affirme le président du Racing. Cavalli restera entraîneur jusqu'au moins la fin de la saison. On a entrepris quelque chose ensemble et on le finira. Je suis un mec têtu et plus on me dira qu'il faut le virer, plus je le renforcerai. Il ne faut pas compter sur moi pour faire des changements et tout péter. Personne n'est remis en cause. Aujourd'hui, j'ai vu des joueurs qui n'ont pas péché au niveau de l'engagement, c'est déjà ça. On reste un groupe soudé et serein et c'est de cette façon qu'on s'en sortira. »

Mais le temps presse déjà... Laurent Pruneta (Le Parisien)