STADE DE REIMS - GRENOBLE : 0-1
Samedi 9 novembre 2002 - Stade Auguste-Delaune - 20h - 15e journée - Arbitre : M. Malige
Robert MALM (48e)
Sans surprise

Ne vous fiez pas à cette image ! La cote de Bertrand Tchami est à la baisse dans le coeur du public après ce match. Celle d'Olivier Pickeu, quant à elle, est au bord du crash affectif et des grondements persistants ont parcouru les travées de Delaune hier soir, suivis de quelques sifflets lorsque le n°27 stadiste a quitté la pelouse à l'heure de jeu.
Après avoir accordé une longue période probatoire à sa doublette d'attaquants, le public semble bel et bien avoir perdu patience devant leur inefficacité chronique.
Grenoble évolue dans un registre diamétralement opposé. Un fond de jeu des plus sommaires mais une paire d'attaquants extrêmement rapides et efficaces.
A la 48e, une balle longue prolongée de la tête fut suffisante pour laisser sur place la défense en ligne stadiste, scotchée devant sa surface de réparation pour avoir cru au hors-jeu. Robert Malm n'a pas renié cette offrande.
Il faut dire que les Rémois lui avaient déjà tendu la perche par deux fois en première mi-temps, tandis que l'attaque s'était offert le luxe de gâcher quelques balles de but.
Rien de... 9 au Stade.
Isère, misère
Alain
Michel avait annoncé venir dans la Marne pour un nul. Son équipe
a fait mieux en raflant la mise, pour la première fois de la saison hors
de ses bases, face à des Rémois, loin de réitérer
leurs prestations passées à la maison.
Soucieux d'emballer les
débats et de s'installer dans le camp isérois, les joueurs locaux
tentent pourtant d'emblée de s'approprier le contrôle du ballon.
Les Stadistes se créent une première occasion sur un centre de Gondouin,
chargé d'animer le flanc gauche en l'absence de Liabeuf (1re).
La pression
marnaise se matérialise encore à deux reprises durant le premier
quart d'heure, sur une frappe cadrée de Laurent (9e) et, surtout, sur un
centre de François gaspillé par Pickeu, pourtant isolé au
second poteau (12e).
Les hommes de Marc Collat se montrent bien encore dangereux
sur un centre de Bertrand repris dans les airs par François (20e) mais,
face à des Grenoblois défendant bas (trop selon leur entraîneur,
Alain Michel), les opportunités se font plus rare.
Deux
failles
Sans ailier de débordement pour faire la différence
sur un dribble ou une course, les Rémois ne se mettent plus en position
de tir.
Les Bleus en revanche, après une première alerte pas
Dissa (16e), se procurent une occasion sur une reprise en demi-volée de
Debrosse. L'ancien Lyonnais voit Tingry s'envoler (24e).
Neuf minutes plus
tard, les Grenoblois ont une occasion encore plus franche par Malm. Seul face
à Tingry, le buteur dauphinois rate sa frappe du gauche après un
rebond capricieux du ballon. A la 36e enfin, lancé par Periatambée,
Dissa se présente à son tour face au portier rémois. Alors
qu'il s'est ouvert le chemin du but, Liron intervient et stoppe l'action. Irrégulièrement
selon les Grenoblois mais l'arbitre n'a pas bronché, soulageant une équipe
et l'ensemble du stade.
La défense champardennaise est encore à
l'ouvrage lorsque Malm échappe à sa vigilance mais Billong pare
au plus pressé (43e).
Au cours du premier acte, toutefois, la partie
fut cadenassée par les défenses. Les attaques se sont développées
dans de petits périmètres. Dans ce cas, il faut avoir dans ses rangs
des joueurs capables de courses et d'appel dans la profondeur. A ce jeu, Grenoble
semblait avoir le plus d'arguments.
Pickeu
sifflé
La seconde période repart sur les bases des
quarante-cinq premières minutes. Reims prend le jeu à son compte
et se crée une opportunité par Tchami qui se heurte à Debès
(47e).
Sur
la relance, la défense des Rouge et Blanc se laisse surprendre sur un ballon
aérien aussitôt exploité par Malm. Du plat du pied, l'ancien
Wasquehalien trompe Tingry (48e).
Après quelques minutes de flottement,
marquées par de nombreuses et rapides pertes de balles, les Rémois
relèvent la tête sur une frappe de Laurent, mis sur orbite par François
(58e). Debès se couche bien. La sentant prête à se rebeller,
Collat injecte du sang neuf dans son équipe en incorporant Haddadou, à
la place d'un Pickeu qui a quitté la pelouse sous une bordée de
sifflets.
Les Rémois, abusant des longs ballons, peuvent enfin jouer
plus à terre. Mais, pour destabiliser le bloc défensif adverse,
il faut plus de mouvements, plus de disponibilité de la part des joueurs.
La situation a été vécue plusieurs fois par le porteur du
ballon rémois, en panne de solution pour faire vivre son action.
Sang neuf
Dans les rangs visiteurs, l'entraîneur
lance son second buteur, Rojas (68e). Deux minutes plus tard, il se met en évidence
sur une frappe déclenchée à l'entrée des 16 mètres.
Tingry doit s'employer.
Son vis-à-vis, Debès passe une soirée,
relativement, confortable. Le onze marnais, généreux et volontaire,
ne cadre aucune frappe. Même un coup franc de Létang, aux 20 mètres,
frôle les montants (87e). Pourtant, Collat avait lancé Ongoly et
Frétard en espérant gagner plus de duels. Opération à
moitié réussie car ce ne fut pas suffisant pour provoquer des décalages.
Grenoble se crée même la dernière action sur un déboulé
de Malm, stoppé de manière suspecte par Lafond (80e).
Cette
défaite vient gommer le succès ramené d'Amiens d'autant que
Gueugnon et Istres ont pris des points. Philippe Launay
Un raté collectif
![]()
«C'était
un match charnière. Une victoire nous propulsait dans le ventre mou du
classement. Maintenant, on sait ce qui nous reste à faire. Déçu
mais « pas abattu », Marc Collat effectuait samedi soir un constat
simple : son équipe, en laissant le gain du match aux Grenoblois, a perdu
le bénéfice de sa victoire acquise à Amiens.
Sur cette
partie, la différence devait se faire sur un détail. Elle s'est
produite sur une erreur d'inattention, consécutive à un ballon aérien,
et le Ð mauvais Ð tour était joué.
La défense
marnaise a été piégée dans son replacement, laissant
filer Malm seul au but (48e). Le coach rémois avait pourtant mis en garde
ses joueurs contre ces courses dans la profondeur. Sa défense à
plat avait déjà frisé la correctionnelle à plusieurs
reprises.
Naïvement peut-être, elle n'a pas opté pour un
système de couverture à la reprise. Elle l'a payé au prix
fort. Heureusement Tingry était, une fois encore, au meilleur de sa forme,
sinon.
Un raté collectif
Malm inscrivait
la 7e réalisation de sa saison, un handicap que Lafond et ses partenaires
n'ont jamais pu combler.
Mais les Stadistes pouvaient-ils revendiquer autre
chose sur l'ensemble de la prestation ? Pas les trois points, assurément.
Disputant leur plus médiocre partie de la saison à domicile, les
Rouge et Blanc n'ont que rarement su contourner le dispositif mis en place par
le méthodique Alain Michel. L'athlétique défense dauphinoise,
la plus performante de L2 hors de ses bases, a subi durant le premier quart d'heure.
Puis elle a aisément contenu les Champenois, auteurs de deux tirs cadrés
seulement après la pause.
« Après le but, nous avions
le temps de revenir au score mais on a confondu vitesse et précipitation.
Nous sommes victimes de notre manque d'efficacité », confessait Collat.
Le 5-3-2 concocté par Grenoble ne laissait pas de possibilités aux
Marnais qui battaient de l'aile. L'absence de Liabeuf sur le flanc gauche Ð
conjuguée à la blessure de Haddadou, son alter ego sur la droite,
rentré à l'heure de jeu seulement Ð a été préjudiciable.
Reims se trouvait privé de solution sur les extérieurs alors que
la clé était là. Les locaux ont usé des longs ballons
quand les passes courtes auraient donné de la vitesse au jeu et étiré
le dispositif adverse.
Rendez-vous capital
Pour faire pencher
la balance en sa faveur, le onze champenois aurait dû faire preuve de davantage
d'engagement, de solidarité et de disponibilité. Ces atouts étaient
dans le jeu des Isérois qui se sont, eux, bien battus.
Pour le plus
grand bonheur d'Alain Michel, à son aise de voir ses troupes remporter
leur premier succès à l'extérieur. « Nous avons fait
preuve d'une cohérence physique, tactique et mentale. Nous avons su ressortir
le ballon, être performants dès la première relance. »
En résumé, Grenoble était venu pour ne pas prendre de buts
mais pas pour jouer le 0-0. Sa volonté a été primée
et cette victoire n'est pas usurpée.
Pour Reims, ce résultat
modifie la donne. Samedi à Clermont, il faudra faire un résultat
avant les réceptions de Gueugnon et d'Istres, trois adversaires directs
dont deux ont su profiter du revers rémois, le 5e de la saison dont trois
à Delaune.
Au coup d'envoi de ces rencontres, la pression pourrait
revenir dans le camp des Marnais qui voudraient pourtant évoluer moins
crispés. Pour les Stadistes, cette triple confrontation ressemble à
l'heure de vérité ! Philippe Launay
La malédiction du 9
Reims-Grenoble
se déroule le... 9 novembre. Or, le 9 a toujours
eu un aspect indéniablement négatif pour les Rémois, ainsi
que le rappelle régulièrement un supporter du Stade, Jérôme Blanc,
preuves à l'appui.
- 9 septembre 2000 : REIMS 0 - BREST 1. Unique défaite de la saison 2000-2001 à Delaune.
-
9 octobre 2001 : ANGERS 3 - REIMS 1. Première
Défaite rémoise de la saison 2001-2002.
-
9 novembre 2001 : BOULOGNE 0 - REIMS 3. Match
arrêté à la 70ème minute, rejoué 15 jours plus tard et perdu par le Stade
1-0.
-
9 février 2002 : REIMS 1 - SEDAN 1. Le Stade
est éliminé. La Coupe de France ne récompense pas l'équipe qui le
méritait.
- 9 mars 2002 :
REIMS 0 - RACING 1. Première Défaite à domicile depuis une saison et demi.
Seul petit bémol, c'est le 9 Décembre 2000 que le Stade infligea sa première défaite à ISTRES (2-1), l'équipe qui coiffera les Rémois sur le poteau quelques mois plus tard pour la montée.
Ainsi que le souligne Jérôme Blanc, "sans être superstitieux (!?) et en ajoutant que c'est le n° 9 (Gaston Diamé) qui, le 9 mars 2002, a manqué le penalty contre le Racing, alors que le compteur du Stade était bloqué à 999 victoires, vous comprendrez que le chiffre 9 ne nous parle pas bien."
REIMS
N'A(VAIT) JAMAIS PERDU FACE A GRENOBLE à Delaune. Le bilan est même
très positif. En 10 rencontres : 7 victoires et 3 nuls pour 18 buts marqués
et seulement 6 buts encaissés.
| Vu des Tribunes : l'actualité du Stade de Reims - Rédaction-conception : Michel HAMEL |