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Mercredi 10 avril 2002


Reims - Racing à rejouer

Assailli par les appels, le standard téléphonique de la Fédération n'aura pas été loin d'exploser, hier en début d'après-midi. Et pour cause. Depuis le début de matinée, la Commission litiges et contentieux était réunie afin de se prononcer sur l'affaire opposant Reims au Racing.


Rappel des faits : le 9 mars dernier, les dirigeants parisiens couchent sur la feuille de match le nom de Steeve Théophile, un milieu de terrain qui ne peut présenter ni licence, ni carte d'identité avant le coup d'envoi. Le Racing tente de se justifier par l'envoi, par fax, de la copie de la licence à la patinoire Bocquaine, mais l'état du document ne permet pas de reconnaître le joueur.
Devant l'identité douteuse de l'intéressé, le staff champenois décide de déposer des réserves. Réserves confirmées, après le match perdu par le Stade de Reims (0-1) - alors que l'arbitre, M. Jaffredo, a autorisé Théophile à figurer sur la feuille de match et que ce dernier est entré en jeu à la 76e minute -, par l'envoi, dans les 48 heures, d'une lettre recommandée à la Fédération. Par cette formalité, l'action se transforme en réclamation.
La Fédération mandate alors une personne chargée de l'instruction, celle qui a présenté le dossier hier matin devant la Commission. En fonction des pièces jointes, l'assemblée, statuant de façon plénière et sans débat contradictoire, a décidé de faire rejouer le match à une date qui sera fixée par la Commission d'organisation des compétitions.
« La Commission a estimé que l'arbitre ne pouvait pas identifier le joueur. L'erreur administrative de l'arbitre fait qu'on devait rejouer le match. On n'a pas voulu sanctionner le club », expliquait ainsi le président de la Commission, Jean Lapeyre.
Une décision loin de satisfaire le président rémois, Christophe Chenut. « C'est une possibilité à laquelle nous nous attendions, même si nous estimons que nous aurions dû avoir match gagné, regrettait-il. La Commission a en effet retenu l'erreur administrative de l'arbitre et a, par conséquent, comme nous, constaté l'irrégularité. Pourtant, elle n'a pas abouti à la conclusion prévue dans le règlement, à savoir match perdu pour l'équipe fautive ».


Recours en appel
Christophe Chenut évoque ainsi l'article 141 qui avait déjà fondé le fait de rejouer le match à Boulogne, à cette époque pour cause d'intempéries. En conséquence, le président stadiste, après consultation des autres responsables du club, a choisi d'interjeter appel, dès la notification de la décision reçue. « Nous resterons ferme sur ce point en demandant l'application stricte du règlement. Il faut se souvenir que, dans la même situation, Amiens a récupéré des points sur tapis vert la saison dernière, et il y a d'autres exemples en CFA », justifiait-il.
« D'autre part, rejouer une rencontre n'est pas forcément une bonne affaire, poursuivait-il. Car à six matches de la fin du championnat, cela engendre plus de fatigue, un risque de blessure, voire d'éventuels cartons. Et puis, tout dépend à quelle date nous devrions rejouer. Je ne comprends vraiment pas cette décision ».
Christophe Chenut souhaitait tout de même conclure sur une note plus positive : « Psychologiquement, il vaut mieux qu'on ne nous ait pas donné les trois points pour nous les retirer ultérieurement, car le Racing aurait de toute façon fait appel. Au moins, ça nous oblige à jouer à fond et à ne pas nous voir plus beaux que nous ne le sommes ».
La balle est désormais renvoyée vers la Commission fédérale d'appel.
Cédric GOURE


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