Reims - Racing à
rejouer
Assailli
par les appels, le standard téléphonique de la Fédération n'aura pas été
loin d'exploser, hier en début d'après-midi. Et pour cause. Depuis le début
de matinée, la Commission litiges et contentieux était réunie afin de se
prononcer sur l'affaire opposant Reims au Racing.
Rappel des faits : le 9 mars dernier, les dirigeants parisiens
couchent sur la feuille de match le nom de Steeve Théophile, un milieu de
terrain qui ne peut présenter ni licence, ni carte d'identité avant le coup
d'envoi. Le Racing tente de se justifier par l'envoi, par fax, de la copie de
la licence à la patinoire Bocquaine, mais l'état du document ne permet pas
de reconnaître le joueur.
Devant l'identité douteuse de l'intéressé, le staff champenois décide de déposer
des réserves. Réserves confirmées, après le match perdu par le Stade de
Reims (0-1) - alors que l'arbitre, M. Jaffredo, a autorisé Théophile à
figurer sur la feuille de match et que ce dernier est entré en jeu à la 76e
minute -, par l'envoi, dans les 48 heures, d'une lettre recommandée à
la Fédération. Par cette formalité, l'action se transforme en réclamation.
La Fédération mandate alors une personne chargée de l'instruction, celle
qui a présenté le dossier hier matin devant la Commission. En fonction des
pièces jointes, l'assemblée, statuant de façon plénière et sans débat
contradictoire, a décidé de faire rejouer le match à une date qui sera fixée
par la Commission d'organisation des compétitions.
« La Commission a estimé que l'arbitre ne pouvait pas identifier le
joueur. L'erreur administrative de l'arbitre fait qu'on devait rejouer le
match. On n'a pas voulu sanctionner le club », expliquait ainsi le président
de la Commission, Jean Lapeyre.
Une décision loin de satisfaire le président rémois, Christophe Chenut.
« C'est une possibilité à laquelle nous nous attendions, même si nous
estimons que nous aurions dû avoir match gagné, regrettait-il. La Commission
a en effet retenu l'erreur administrative de l'arbitre et a, par conséquent,
comme nous, constaté l'irrégularité. Pourtant, elle n'a pas abouti à la
conclusion prévue dans le règlement, à savoir match perdu pour l'équipe
fautive ».
Recours en appel
Christophe Chenut évoque ainsi l'article 141 qui avait déjà fondé le fait
de rejouer le match à Boulogne, à cette époque pour cause d'intempéries.
En conséquence, le président stadiste, après consultation des autres
responsables du club, a choisi d'interjeter appel, dès la notification de la
décision reçue. « Nous resterons ferme sur ce point en demandant
l'application stricte du règlement. Il faut se souvenir que, dans la même
situation, Amiens a récupéré des points sur tapis vert la saison dernière,
et il y a d'autres exemples en CFA », justifiait-il.
« D'autre part, rejouer une rencontre n'est pas forcément une bonne
affaire, poursuivait-il. Car à six matches de la fin du championnat, cela
engendre plus de fatigue, un risque de blessure, voire d'éventuels cartons.
Et puis, tout dépend à quelle date nous devrions rejouer. Je ne comprends
vraiment pas cette décision ».
Christophe Chenut souhaitait tout de même conclure sur une note plus positive :
« Psychologiquement, il vaut mieux qu'on ne nous ait pas donné les
trois points pour nous les retirer ultérieurement, car le Racing aurait de
toute façon fait appel. Au moins, ça nous oblige à jouer à fond et à ne
pas nous voir plus beaux que nous ne le sommes ».
La balle est désormais renvoyée vers la Commission fédérale d'appel.
Cédric GOURE
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