Samedi 19 avril 2003

 

"Fou furieux"

 

La tempête fait rage sur le Stade, et Denis Goavec, seul contre tous, fait front. Pour lui, un succès ce soir face à Clermont pourrait déclencher l'élan salvateur.

 

Denis, la lourde défaite concédée à Grenoble n'a-t-elle pas sonné le glas des espoirs de maintien ?
« Cette nouvelle défaite ne nous aide pas. Ni sur le plan comptable, ni sur le plan psychologique. Ce 4-1 ne résume pas la teneur du match. Nous prenons un but largement évitable et au moment où nous sortons la tête de l'eau en revenant au score, nous nous faisons cueillir une nouvelle fois. Ce but nous fait très mal ».


Comment expliquez-vous cette fragilité défensive, alors même que l'équipe semblait bâtie pour pouvoir contrer les attaques grenobloises ?
« Nous avons commis trop d'erreurs individuelles et c'est inconcevable à ce niveau. Lorsque certaines individualités passent à travers, c'est tout le collectif qui flanche. On ne doit pas se réfugier éternellement derrière le manque de chance. Certains n'ont pas le niveau et nous devons faire avec ».


Ces erreurs dont vous parlez, ne s'expliquent-elles pas par l'état de fébrilité né d'une fin de saison ô combien stressante ?
« Sans doute, mais nous sommes des professionnels et, aujourd'hui, notre mission est de sauver le club. Récemment, nous avons rendu visite à des jeunes handicapés et j'ai été surpris par leur rage de vivre, par cette volonté de s'en sortir. Ces jeunes, dont la vie n'est pas toujours facile, ont toujours le sourire. Ils nous ont adressé un message fort ».

 

Clermont ce soir, Wasquehal vendredi ce sera six points ou la mort ?

« Non, on ne peut pas présenter les choses comme cela. Ces deux matches constituent autant de chances de nous rapprocher de nos adversaires directs, même si on sait que jouer à domicile ne signifie pas forcément gagner. Abordons ces deux rendez-vous sereinement, mais avec la détermination souhaitée pour nous imposer ».

 

Où allez-vous chercher cette énergie alors que tout semble s'écrouler autour de vous ?

« On me connaît mal. Je suis un véritable fou furieux et aujourd'hui j'ai une grosse haine. Je suis venu ici pour relever un pari : celui de sauver ce club de la relégation et je ne suis pas du genre à lâcher prise facilement. Même à Grenoble, j'ai relevé quelques éléments positifs, même si cette nouvelle claque fait mal. C'est vraiment dur pour le moral de perdre dans ces conditions, mais j'y crois encore et j'y croirai tant qu'on sera encore en course pour le maintien ».


Ressentez-vous chez vos joueurs cette même rage de vaincre ?

« Les joueurs sont malheureux car cette saison qui marquait le retour du Stade de Reims n'a pas répondu à leurs attentes, ni à celles des supporters. Mais je souhaite qu'ils demeurent irréprochables jusqu'au bout. En football, tout peut arriver. Une victoire peut en appeler une autre et provoquer un déclic. Il faut y croire jusqu'au bout ». Gérard KANCEL