Samedi 31 août 2002
« Wil » veille au grain
Le
défenseur aux deux prénoms est homme de confiance. Un gars sur
qui l'on peut compter, capable d'exécuter proprement son job, mais aussi
d'aider, sans fanfaronner, un copain dans la mouise. Avec Wilfried Bertrand
il n'y a jamais de problème. A 27 ans, le Montpelliérain, même
s'il l'admet que timidement, est devenu l'un des cadres de l'équipe.
C'est l'homme du flanc gauche, impitoyable dans son marquage, efficace en couverture.
En quatre matches de Ligue 2, Bertrand a quasiment réalisé un
sans faute. Etonnamment serein en cette période de découvertes,
il espère que son équipe décrochera ce soir son premier
succès de la saison, celui qui devrait permettre de lancer la machine
rouge et blanc.
Wilfried, comment expliquez-vous la facilité
avec laquelle vous vous êtes adapté à la ligue 2 ?
« Je ne suis pas vraiment surpris. Nous avons bénéficié
d'une grosse préparation physique. Il le fallait car notre début
de championnat était effrayant. Comme l'équipe, je n'ai pas rencontré
de gros soucis pour m'adapter à la L2. Pour l'instant, ça se passe
bien. »
Votre rôle de défenseur latéral
gauche a-t-il évolué depuis la saison passée ?
« A partir du moment où nous sommes revenus à un système
à quatre derrière, nous avons retrouvé nos automatismes.
Mon rôle est de défendre, de faire preuve de la plus grande vigilance
dans mon secteur. Nous avons même évolué à cinq derrière,
mais l'adaptation est naturelle. Il faut stopper l'adversaire ».
Ces adversaires, justement, ne sont pas les mêmes
qu'en National.
« C'est vrai, ce championnat exige beaucoup plus de concentration. Les
attaquants d'en face sont costauds, forts techniquement et très expérimentés.
Dans ses causeries, le coach nous demande à nous défenseurs, de
défendre, de jouer simple, de ne pas chercher à compliquer les
choses ».
Le début de saison de votre équipe vous
satisfait-il ?
« Non. Il y a comme un goût d'inachevé. Nous sommes dans
le coup. La différence se situe au niveau du réalisme. Jusqu'à
présent, nous pêchons dans ce domaine. Quand je vois Lorient et
le Mans bénéficier de 100 % de réussite, ça nous
interpelle quelque part. Nous avons payé pour apprendre. La qualité
de notre jeu n'a pas changé, nous avons seulement payé cher notre
droit à l'erreur. Quand je pense que face à ces équipes,
nous n'avons même pas commis des fautes grossières. »
C'est déjà l'heure des regrets ?
« Disons que nous aurions pu faire mieux à domicile. Je pense qu'il
était presque normal de ramener des points de Metz ou de Saint-Etienne.
Par contre, c'est un peu désolant d'avoir produit du jeu à domicile
sans avoir pu en tirer profit ».
Ce constatsemble vous inciter à un certain optimisme.
« Je suis optimiste car nous avons montré de belles choses. Nous
n'avons jamais été dépassés par les événements.
L'objectif du maintien sera atteint. J'ai confiance et je pense même que
nous pouvons réussir une bonne première saison en Ligue 2 ».
34 matches sur 38 la saison dernière, titulaire
indiscutable sur le flanc gauche, vous faites partie des cadres de l'équipe,
non ?
« Je ne raisonne pas comme ça. J'essaie de donner le maximum. Comme
tous les anciens, je me suis investi en début de saison pour faciliter
l'intégration des nouveaux. Rien de plus normal. Mais je ne me considère
pas comme un leader ».
Votre entraîneur pense que vous gagnerez à aller encore plus de
l'avant.
« C'est le discours qu'il me tient depuis deux ans et demi qu'on travaille
ensemble. Je suis conscient que c'est un aspect de mon jeu que je dois améliorer,
mais ça demande du temps. J'ai une formation de défenseur, le
joueur qui d'abord là pour défendre. Jeune, on ne m'a pas appris
à monter systématiquement, cette notion n'est donc pas naturelle
chez moi.
Aujourd'hui, le jeu a évolué. Les latéraux sont souvent
d'anciens ailiers reconvertis, des gars attirés par l'attaque. Moi j'ai
longtemps joué stoppeur. C'est un début d'explication. Mais je
ne suis pas borné, j'essaie de m'améliorer dans ce domaine ».
Recueilli
par Gérard Kancel
"Vu des Tribunes" : l'actu du Stade - Rédaction-conception : Michel HAMEL