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Attaquer c'est déjà gagner
Il y a bien longtemps que Ladislas Lozano
ne s'était pas présenté en salle de presse avec un visage si
rayonnant. Depuis le 20 août et la victoire face à une bonne
équipe de Gueugnon. Le coach rémois pouvait être doublement
satisfait de sa soirée. En plus des trois points récompensant ce
quatrième succès de la saison Ð tous à domicile Ð, il a remporté la
bataille tactique face à son disciple aubois, Jean-Marc
Furlan. Surprise, surprise Spectateur attentif du derby
Reims-Sedan le 17 septembre, l'ancien défenseur bordelais,
avait bien étudié le dispositif stadiste, y relevant même plusieurs
failles. A commencer par les lacunes de Denis Arnaud dans la relance
et la lenteur supposée de Samuel Boutal en milieu de
terrain. C'était prévu, l'Estac allait enfoncer le doigt dans ces
deux « plaies », espérant en tirer un substantiel
bénéfice. C'était sans compter sur l'habilité manœuvrière de
Lozano, pouvant enfin composer sur un effectif enfin étoffé et bien
portant. Vendredi, le technicien rémois misa sa fortune sur une
option très offensive Ð cinq attaquants alignés au coup d'envoi,
plus Viale, Haddadou et Dossevi sur le banc Ð, avec le seul Boutal à
la récupération. « Ce schéma a sans doute surpris nos
adversaires », admettait Sylvain Didot. « C'était
audacieux, mais Malik sur le côté gauche et moi sur la droite
devions effectuer notre tâche défensive dès que nous n'étions plus
en possession du ballon ». Harcelée par un milieu conquérant
et audacieux, l'Estac, devenue amorphe, s'enlisa progressivement,
incapable de trouver ses attaquants. Dommage pour le tonique
Ibrahima Bangoura, pourtant très à son affaire sur le côté droit.
« Vous n'avez pas vu le vrai Troyes », regrettait après
coup l'affable Furlan, « si nous n'évoluons pas à 120 % de
nos moyens, nous devenons une équipe moyenne ». Même si,
parfois, Petitjean et Didot ont semblé se marcher sur les pieds sur
le côté gauche, même si tout ne fut pas parfait, le résultat fut
probant. « Nous avions fait une bonne lecture du jeu
troyen », révélait Lozano, précisant son plan de bataille,
« une défense à plat et à quatre, Boutal en milieu axial, 4
milieux dont la mission était d'étirer le jeu troyen, et un point de
fixation, Blayac, chargé de perturber la relance
adverse » Sur ce coup-là, le maître Lozano a donné la leçon
à l'élève Furlan. Reste à savoir si l'entraîneur stadiste
renouvellera cette expérience gagnante à la fin du mois face à
Lorient. « Ma philosophie de jeu est de marquer un but de plus
que l'adversaire. Je ne souscris pas à cette option prudente qui a
cours aujourd'hui en Ligue 2 avec des défenses à cinq éléments et
des situations de jeu basées sur l'attentisme. Le football est avant
tout un jeu. Mon souci est de trouver un équilibre débouchant sur
une occupation harmonieuse du terrain ». Gérard Kancel
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