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Reims
toujours sous perfusion A défaut d'un plus comptable,
les trois points glanés contre Niort auront plus une valeur psychologique. Pour
Reims, rien n'est acquis, le combat continue. D'abord,
la victoire : la neuvième de la saison, la septième à domicile,
la quatrième par plus d'un but d'écart, la première depuis plus d'un trimestre. Ensuite,
ses retombées : pas terribles, presqu'un coup pour rien. Seizième avec deux
points d'avance sur le premier relégable (Créteil) avant le coup d'envoi de cette
18e sortie à domicile, le Stade de Reims a certes empoché trois points supplémentaires,
mais n'a ni bougé de place, ni augmenté sa marge de sécurité avec le 18e du classement
(2 points). Nanti de la défense la plus friable, de l'avant-dernière attaque
et de la plus mauvaise différence de buts de la Ligue, le club champenois peut
tirer un premier enseignement de son succès sur la lanterne rouge niortaise :
un tout autre résultat que la victoire, aurait fait de lui un relégable. A 270
minutes de la fin de l'exercice, cela ressemblerait fort à une capitulation. Et
le coup passa si près. Quarante-cinq minutes d'errance, trente-huit
autres plus dynamiques, et onze dernières plus prolifiques, confirmant la stat
qui veut qu'en cette difficile cette saison, le Stade doit toujours marquer au
moins deux buts pour s'imposer devant son public. La
morale de cette histoire de chasse aux Chamois est d'une éclatante
évidence : sans esprit de révolte, sans la volonté de forcer leur destin,
les Stadistes ne s'en sortiront pas. « Nous étions tétanisés en première
mi-temps, mais nous nous sommes accrochés », dira plus tard Jean-Claude Cloet
qui soulignera à l'encre rouge la date de son premier succès en tant que coach
de L2. Un technicien soulagé, qui partagera globalement notre analyse de ce
« match de la mort ».
LES POINTS NÉGATIFS
UNE
ENTAME INDIGENTE - Etait-ce dû à l'enjeu et à la pression qu'il engendrait ?
Toujours est-il que Reims a complètement raté sa première mi-temps, propageant
l'inquiétude chez ses supporters. Plus libérés, les Niortais ont déployé un jeu
en mouvement simple et efficace qui contrastait avec les approximations techniques,
les mauvais choix et les raids individuels de leurs hôtes.
UN
PUBLIC PEU CONCILIANT - A Reims, sous la poussée d'un public impatient
et boudeur, l'équipe ne joue qu'en première intention. Toujours le nez dans le
guidon, Delmotte et ses camarades multiplient les pertes de balle et, lorsqu'un
d'entre eux tente de ralentir le jeu pour mieux construire, c'est une bordée de
sifflets qui lui tombe dessus. Soutenir une équipe, c'est aussi savoir apprécier
la variété de ses initiatives heureuses ou malheureuses.
DES
LATÉRAUX INHIBÉS - En dépit de leur bonne volonté, le jeu offensif
des défenseurs latéraux rémois pêche en efficacité. Au bout du compte, un déséquilibre
se créé, souvent bien exploité par l'adversaire.
RECRUES
EN BERNE - Vendredi, Hebbar et Viale, ont raté leur match. Le premier
semblait perdu dans son rôle de milieu offensif, gâchant beaucoup de ballons à
cause d'un jeu de passes défaillant. Le second a subi constamment le poids physique
des centraux adverses, sans parvenir une seule fois à se mettre en position de
tir.
LES POINTS POSITIFS
UNE
DÉFENSE PLUS HERMÉTIQUE - S'il faut relativiser Ð Niort possède la
troisième plus mauvaise attaque de la L2 Ð les défenseurs stadistes ont rempli
leur contrat. Après les « trempes » concédées à Lorient et face à Nancy,
il y a du mieux dans ce secteur. La charnière Barbier Ð Houche semble complémentaire,
bien aidée par le travail de harcèlement de Delmotte posté un cran plus haut.
Derrière, Tingry a lui aussi assuré. UN DIANÉ
CONCERNÉ - Que le public de Delaune en profite. Encore un match
(contre Clermont le 20 mai), et on ne reverra plus Amara Diané sous les couleurs
rémoises. Joueur talentueux, l'Ivoirien n'a pas réalisé une grande saison. Mais
quand il veut bien s'en donner la peine, rares sont les défenses qui peuvent lui
résister. « Amara sait jouer avec le ballon, mais pêche encore dans le
jeu sans ballon. Lorsqu'il a su décrocher, il s'est montré plus dangereux, plus
percutant », explique Cloet. UN COACHING GAGNANT
- Même si Petitjean a quelque peu contesté sa sortie (il regrettera
sa réaction par la suite) la victoire rémoise est bien le fruit de la clairvoyance
de Cloet. C'est lui qui plaça Boutal à la pointe de l'attaque, qui lança Farssane
(très percutant) et Haddadou (bien en jambes). Trois changements qui renforcèrent
la domination stadiste et qui firent plier un rival qui, manifestement, mérite
mieux que le National. Gérard Kancel
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