• Reims

Francis
Méano, buteur du grand Stade de Reims 16-08-06
- Les
tracto-pelles détruisent la tribune Méano à Delaune. Pas
de panique, la prochaine tribune honorera encore le nom de ce grand champion mort
accidentellement à l'âge de 22 ans. 
Mais
qui était donc ce Méano dont on a donné le nom à une
tribune du stade Delaune ? Posée par un jeune supporter, la question méritait
bien une réponse qu'il ne nous apparaît pas inutile de livrer dans
nos colonnes au moment où les tracto-pelles abattent la première
tribune baptisée du nom de ce joueur prodige.
Au
Stade d'août 1949 à juin 1953 Originaire de Miramas
(Bouches du Rhône), le jeune Francis Méano signe en 1949 au Stade
de Reims. Déjà international junior à Aix-en-Provence (il
avait remporté le trophée d'Amsterdam) Méano le sait : «
Le Stade de Reims n'est pas qu'un simple employeur, c'est un drapeau. »
International militaire, puis titulaire de l'équipe de France B et A dans
la même année, (il joue contre la Yougoslavie en coupe du monde à
Florence), Méano ne manque pas son arrivée. Il marque onze buts
dans le championnat 1949-1950 et Reims termine à la 3e place. Mieux, il
marque un but remarquable lors de la finale de la coupe de France jouée
contre le RC Paris. Et Reims conquiert sa première Coupe avec Penverne,
Batteux, Jacowski, Paul Sinibaldi, Bini, Petitfils, Marche, Appel et Méano. Bien
que victime d'une fracture du péroné, Méano réussit
à marquer neuf buts au cours de la saison 1950-1951. Il en marque quinze
la saison suivante dont deux en Coupe. Reims termine 4e du championnat. La
saison 1952-1953 restera inoubliable. Méano score onze fois dans un championnat
de France remporté par le Stade de Reims. La même année le
club remporte la Coupe Latine grâce notamment à Méano qui
marque deux buts. Le drame Alors qu'il se prépare à retourner
en vacances à Miramas avec sa jeune épouse Josiane (né Tourneur)
qu'il a épousée le 19 mai à la cathédrale de Reims,
Francis Méano est victime d'un terrible accident le vendredi 26 juin 1953
entre Witry-lès-Reims et Isles-sur-Suippe. Trop grande vitesse ? Défaillance
d'un conducteur ? La Traction Citroën conduite par José Ségura
et dans laquelle ont pris place Francis Méano, son épouse, son père
Lucien ; Antonio Abenoza, goal à Troyes, sa fiancée et un employé
de M.Ségura percute un camion des pompes funèbres Péchenard.
Le choc est abominable. La collision fait six morts. Sous l'orage, les sauveteurs,
la police ne peuvent plus rien pour secourir les victimes : Francis Méano,
son épouse, son père, Abenoza et sa fiancée et M.Beauvais,
de Boult-sur-Suippe.
Obsèques grandioses
à la cathédrale Le monde du football est endeuillé.
Une chapelle ardente est mise en place dans l'abside de la cathédrale où
les trois corps de la famille Méano sont placés. Kopa, Tremplin,
les frères Sinibaldi organisent la veillée. Le lundi suivant, plusieurs
milliers de personnes suivent les funérailles célébrées
par Mgr Marmottin. On reconnaît autour des cercueils, Victor Canard, président
du Stade, Henri Germain, président technique ; Roger Marche, capitaine
de l'équipe de France de football. Sitôt l'office dans un convoi
salué par des centaines de Rémois le long du chemin, les corps de
Francis, Josiane et Lucien Méano arrivent à la gare Clairmarais
où une délégation de cheminots de Miramas est chargée
de rapatrier les victimes dans leur région d'origine. Le Stade de Reims
l'avait promis : il n'oublierait jamais Francis Méano. Il a tenu parole.
Quand une nouvelle tribune a dû être refaite pour remplacer celle
datant des années trente, il lui a donné le nom de Méano.
Un nom qui sera donné à la nouvelle tribune construite en face la
tribune Germain. Alain
Moyat .

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