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Reims, la politique du pire

Ongoly et les Angevins ont a remporté la bataille aérienne devant Fauré et Cherfa.
Christian LANTENOIS
Mines dépitées,
visages marqués, regards fuyants. Vendredi noir à Delaune. Le gris a remplacé
le rouge et le blanc. Le Stade, fiévreux, a raté sa sortie face à Angers. Mais
contrairement aux trois autres défaites concédées cette saison à domicile (Dijon,
Grenoble et Troyes), celle-là a mis en lumière les dysfonctionnements relationnels
entre joueurs.
Vingt-cinq minutes d'un jeu alerte et séduisant, puis la panne
de secteur. Les fusibles ont sauté et l'équipe s'est retrouvée sans jus.
«
On a été suffisants »
« On a lâché collectivement »,
explique Olivier Létang. Le directeur général du club qui se retranche souvent
derrière son droit de réserve, enfonce cette fois le clou. Ce qu'il venait de
voir ne s'inscrivait pas dans la politique sportive qu'il entend mettre en place.
« Il faut féliciter Angers qui s'est montré généreux et solidaire. Nous, on
a été suffisants. C'est une grosse déception en terme d'envie et de contenu ».
Joueur,
« Olive » a toujours prôné l'esprit collectif. L'héritage s'est dilué au
fil du temps. « Dans le sport collectif, le terme équipe veut bien dire quelque
chose. Si l'on souhaite réussir quelque chose, il faut jouer ensemble, les uns
pour les autres, les uns avec les autres ».
Le DG va plus loin : « Il
faut faire attention. Il y a des gens qui travaillent au sein du club, des choses
ont été mises en place, le stade va être livré, le centre de formation est en
cours d'agrément et ne sera valable qu'en L2 ».
Il est évident que ce n'est
pas une défaite, aussi cruelle que logique, qui doit tout remettre en cause, mais
ce n'est pas par hasard que les dirigeants stadistes montent au créneau pour pointer
du doigt les manquements affichés. « Quand on voit jouer l'équipe de Carquefou
et celle de Reims… », soupire un Jean-Pierre Caillot un brin désabusé.
Nombreux
sont les
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« On a aussi gagné la bataille mentale », soulignait Theddy Ongoly, pas fâché d'avoir joué un mauvais tour « à ceux qui ne croyaient pas en moi ». « Nous avions étudié le jeu de Reims et on savait que lorsqu'ils étaient menés, les Stadistes balançaient dans la boîte. Collectivement, nous avons su nous adapter et notre gardien a fait le reste ».
« Un mental friable »
Le capitaine, Sylvain Didot, cachait mal sa colère, voire sa lassitude : « Si nous sommes là en ce moment, c'est que tout n'a pas été fait avant. C'était un match à notre portée, mais pour le gagner il fallait en faire davantage. Il faut que chacun fasse le petit effort pour que le collectif soit plus à l'aise ».
Le gaucher breton évoque « une remise en question individuelle. Rien n'est acquis, il faut de l'investissement pas seulement quand tout se passe bien. On doit savoir cultiver notre esprit collectif ».
De ces considérations maintes fois rabâchées par Thierry Froger et Stéphane Guilleman. « Nous avons un mental friable », avouera le head coach, « on se détruit tout seul au fur et à mesure du match ».
Une sorte de suicide collectif qui pourrait mener le Stade en National. « À force de dire qu'on fera mieux au match suivant, on s'enfonce lentement », menace Didot.
À deux mois de la fin de la compétition, alors qu'une partie du public réclame toujours le départ du staff dirigeant, le président Caillot se veut optimiste : « Il nous reste dix matches à jouer dont six à domicile et je pense qu'on ne montrera pas toutes les semaines ce qu'on a vu ce soir ». Peut-on faire pire ?
Gérard Kancel


Articlé paru le : 24
mars 2008 

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