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•  Stade de Reims


« Berto » fauché dans son élan

Gravement touché vendredi, Joffrey croit toujours en son avenir. L'ailier dévoreur d'espaces doit juste apprendre la vie au ralenti.

Bertolino avait montré de belles choses au sein d'un groupe "qui m'a bien intégré et me conseillait beaucoup". Gérard PERON
 

 


23-05-2007 - La fête a tourné court, vendredi. Devant sa famille réunie au stade de l'Aube, Joffrey Bertolino n'a eu droit qu'à 17 minutes de bonheur.
La joie d'une première titularisation en L2, à 20 ans, s'est en effet perdue dans un bruit sec. Celui d'une cassure.
Le choc avec Christian Potel, le gardien de Libourne/Saint-Seurin, a été sans pitié pour le vif ailier des Rouge et Blanc. Son tibia et son péroné gauches n'ont pas supporté.
De chez lui, à Gueux, où il tente de récupérer depuis lundi après-midi, « Berto » fils relativise sa douleur. Un conseil du père, Jean-Pierre, ancien pro du Stade.

Joffrey, quel est votre bilan de santé ?
« J'ai été opéré dès vendredi, vers 23 h 30. L'intervention a duré une heure. Elle s'est bien passée. Je suis restée hospitalisé jusqu'à lundi. Depuis avant-hier, je suis à la maison. Cela fait du bien moralement de revoir la famille et les amis. »

Vous souvenez-vous de l'action qui amène le choc ?
« Habib Bladé lance un long ballon. Je suis plus rapide que le défenseur et je me présente seul face au gardien. Je pousse le ballon. C'est ce qui le prend de cours. Il pense être sur le cuir avant moi. Dès l'impact, j'ai senti que quelque chose avait cassé. C'était net. Il y avait une double fracture tibia-péroné. Mais, par chance, il n'y avait pas de débris.
Cela n'a pas cassé en plusieurs morceaux et ce ne fut pas une fracture ouverte. »

En voulez-vous au gardien girondin ?
« Non car c'est une action de jeu. Il sort de ses cages pour jouer le ballon, pas pour me faire mal. Il a appelé mon père pour prendre des nouvelles et dire à quel point il est désolé. Il a promis de me contacter aussi. »

Combien de temps votre convalescence va-t-elle durer ?
« Pendant six semaines, je ne dois pas poser le pied parterre. Après ce temps sans appui, il faudra encore de la rééducation. Si tout se passe bien, je dois trottiner dans trois mois. »

Aviez-vous déjà connu une telle immobilisation ?
« Jamais. Je n'avais jamais été opéré. Même pas de l'appendicite. »

Le moral tient-il le coup ?
« J'ai reçu pas mal de messages de soutien. Ne pas se sentir seul, ça donne de la force. Je sais que je dois prendre mon mal en patience. Il faut positiver et se dire que cela fait partie du foot. Mon père qui avait eu une fracture du fémur m'a donné ce conseil. »

Le fait que le club vous propose une année de contrat pro doit aussi contribuer à vous soulager ?
« C'est un geste fort. Je ne remercierai jamais assez les dirigeants. Je vais bénéficier des meilleurs soins pour revenir à mon niveau. »

Cette blessure tombe quand même mal pour vous qui apparaissiez pour la troisième fois dans le groupe.
« Je suis effectivement dégoûté. Ma bonne dynamique est stoppée. D'un autre côté, il vaut mieux se blesser maintenant qu'au cours d'un match amical en été. Ca, ça plombe encore plus une saison. »

Signer pro au Stade comme votre père, cela représente quoi ?
« J'aurais préféré le faire dans d'autres circonstances mais c'est un rêve de gosse. Depuis tout petit, je n'ai que cela en tête. Depuis trois ans, j'ai stoppé les cours pour miser sur le ballon. C'est pour cela que je n'ai pas la pression. Même quand je débute un match en L2. Je n'attendais que cela pour montrer ce que je sais faire. »
Recueilli par Philippe Launay



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