• Reims-Châteauroux :
0-2 - Ligue 2

C'est
la « Berri » qui rit Onzième revers rémois,
le troisième à Delaune. Hier soir Châteauroux a largement profité du manque de
conviction stadiste. Le ressort est-il cassé ?
| |  Sako à l'attaque
oblige Maspimby et Fauré à le prendre en chasse. Christian LANTENOIS | |

| | | | 13-03-2007
- Avec seulement trois points pris lors de ses six derniers matches, le
Stade emprunte un parcours de relégable. En tout cas bien loin de ses ambitions
initiales. Une mi-temps pour rien ? On aurait pu le penser tant la première
partie de ce match de clôture de la 28e journée fut bien trop sympa, bien trop
plaisant parfois, mais globalement insipide. Cet affrontement champeno-berrichon
avait des airs de partie de campagne, d'opposition de début ou de fin de saison :
ambiance intimiste, enthousiasme refroidi, ambition mal définie, envie retenue. Quarante-cinq
minutes pour se mettre en jambes et quarante-cinq autres pour se décider à jouer
un match de L2. Un manque évident de concentration, de part et d'autre, comme
si l'enjeu ne valait pas vraiment la chandelle en ce soir insolite de compétition.
Mauricio
aime Reims Si Féret et Tiéné auraient pu ouvrir la marque, si Mulenga
n'avait pas vu une de ses reprises échouer sur la transversale, ce match aurait
sans doute pris une autre tournure, les attaquants semblant un peu moins passifs
que les défenseurs. Menant aux points, Reims se montrait un peu plus convaincant
à la reprise. Ses initiatives se voulaient plus tranchantes, avant qu'un exploit
de Mauricio, le meilleur buteur en activité de la L2 (113 buts) ne refroidisse
ses ardeurs. Ce Mauricio qui avait failli signer en Champagne, il y a deux étés. Liébus
pouvait enrager. Le public aussi dix-huit minutes plus tard lorsque Bayod ajoutait,
comme à la parade un deuxième but. L'affaire était classée car, cette saison à
l'extérieur, Châteauroux n'avait jamais perdu en ouvrant la marque. Sans jouer,
en suant à peine, le Stade concédait sa onzième défaite de la saison, la troisième
à domicile. L'entrain rémois s'est dilué dans un contexte peu propice à l'exploit. « La
différence s'est faite sur un geste technique, un but venu d'ailleurs »,
a expliqué Thierry Froger, visiblement agacé par la tournure que prend cette fin
de saison. Le coach ne s'est pas caché pour désigner les coupables : « Même
si ce premier but nous fait mal, on doit être plus consistants par la suite. Notre
faiblesse collective a été criante ». Pour la première fois de la saison,
Reims quitte la première partie du classement en ne prenant que trois points lors
de ses six derniers matches. « Il nous faudra gagner le plus vite possible »,
espère le coach qui ne veut pas croire en une fin de saison bâclée. La tension
est palpable au sein du groupe et certains joueurs se défient au vu de tous. « Il
faut sauver la fin de la saison, poursuit Froger, pour le club qui demeure ambitieux,
pour tous ceux qui croient en son redressement ».
«
Les joueurs doivent assumer » Cette défaite de trop marque visiblement
un tournant dans la saison. Malgré toutes les discussions, les mises en garde
et les séances de motivation, Reims peine à trouver un jeu digne de ce nom. « Les
joueurs sont responsables du classement, ajoute Froger, ils doivent assumer le
fait qu'on évolue désormais dans le ventre mou. Si on est là, c'est qu'on a perdu
trop de matches ». Jean-Pierre Caillot en remet une couche : « Ce
qu'on a vu ce soir est affligeant et triste. Dans la vie d'un président, il y
a des moments de honte. Ce soir, c'en est un. On avait prévenu les joueurs de
l'importance de ce rendez-vous, même si l'on ne doit pas brûler ce qu'on a adoré,
je laisse à Thierry le soin de remettre l'équipe dans le bon sens. Vraiment, ce
manque de motivation m'attriste ». On en était là hier soir. Avec ce Stade
qui patine et ce sourire compatissant de Cédric Daury, l'ex-joueur local aujourd'hui
coach de La Berrichonne : « Je souhaite à Reims de continuer à se construire ».
Dans tous les sens du terme. Gérard
Kancel

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