• Real Madrid - Stade de Reims : 6-1

L'incomparable journée des Rémois
| |  Zidane-Di Stefano
: l'accolade de deux monstres sacrés.; Les Stadistes ont renoué, le temps d'une
soirée, avec leur glorieux passé à l'occasion d'un match amical à Madrid lors
de l'inauguration du stade Alfredo di Stefano (de dos à droite) | |

| | | | 10-05-06
- Le passé a rejailli, hier à Madrid, à la face des Rouge et Blanc. Ils
ont revécu le clasico continental de la fin des années 50, pour commémorer la
première finale de la Coupe d'Europe des clubs champions disputée à Paris en 1956. Mieux,
ils ont défié leur bourreau historique dans sa propre arène, un stade Alfredo
di Stefano, aux sièges bleu et blanc. Chronique ordinaire d'un jour de match,
mais avec tant d'autres petits plus qui font toute la différence.
13 heures Les
Stadistes, qui ont atterri une trentaine de minutes plus tôt, arrivent à l'hôtel
après avoir vu Ciudad Real. De loin pour l'instant. Patience, patience. Cette
prise de quartiers constitue le coup d'envoi d'une journée mémorable, celle « où
on passe du rêve à la réalité », confesse Tagro Baleguhé qui avait déjà vécu
pareille émotion lorsqu'il a foulé le Vélodrome pour la première fois. Laurent
Weber ne veut en perdre aucune miette. « On photographiera tout, on filmera
tout. Si je pouvais, je filmerai même le match ». Avant, il faut passer
à table. Entre joueurs et staff. Sans les épouses et accompagnateurs, partis sur
l'incontournable Plaza Mayor et sans les officiels, conviés à un dîner très privé
avec leurs homologues de la Maison Blanche.
18 heures C'est
le temps d'une légère collation, faisant suite à un après-midi de quartier libre.
Si Alexandre Barbier a poursuivi ses soins, Christophe Delmotte s'est isolé pour
reviser son BE1. Quelques exceptions car, dans l'ensemble, les joueurs ont
dormi. « Après une nuit de quatre heures, cela fait du bien pour être en
forme le soir », concède Sylvain Didot qui trouve que la collation a plus
de goût qu'à l'ordinaire. « Tout est meilleur. Tout est plus beau ».
18 h 20 Les
joueurs sont rassemblés dans un salon pour la causerie. « A match exceptionnel,
coach exceptionnel », lâche Thierry Froger, qui s'efface et laisse Jean-Luc
Aubert annoncer le onze de départ sous les projecteurs de la caméra de Laurent
Weber, amortie sur ce simple déplacement. L'entraîneur des gardiens demande surtout
« de vivre intensément l'instant. Prenez beaucoup de plaisir ». Marc
Giraudon débutera à gauche : « Ce sera particulier d'entrer sur le terrain
en même temps que les Galactiques ».
19 heures Les
joueurs, le staff et la trentaine de supporters Ð certains ont rallié la Castille
après 20 heures de train Ð, quittent l'hôtel Miguel-Angel où le dernier club
à avoir séjourné était l'Olympique Lyonnais venu faire 1-1 à Santiago-Bernabeu
à l'automne 2005. Direction Ciudad Real, où le meilleur est à venir.
19 h 45 Delmotte
et Cie découvrent la cité sportive. Ils assistent aussi aux premières minutes
du lever de rideau entre les vétérans du Real et ceux de la sélection espagnole. D'un
côté, Butragueno, Michel, Redondo et Hierro. De l'autre, Nadal, Sergi et Luis
Enrique, sifflé car Madrid ne lui a toujours pas pardonné d'être passé au Barça. Nicolas
Bonnal suit tout cela avec plaisir. Ancien Monégasque, il a connu la folie de
Glasgow et Galatasaray. Ancien Lillois, il a affronté la ferveur de Stuttgart
et Aston Villa. Mais là, « affronter Zidane, Beckham ou Ronaldo. J'ai leur
âge mais je suis fan. C'est un rêve de gosse ». Mais stop ! De supporter,
il était temps de devenir acteur. De
notre envoyé spécial Philippe Launay Zidane
et le Real régalent Pour
une revanche de 1956 et 1959, Reims attendra. Mais, hier soir, l'essentiel était
ailleurs. Se retrouver était déjà « un honneur »,
rappelait Jean-Pierre Caillot. Et, le président comme les joueurs, se
disaient qu'il avait quelque chose de magique le tableau d'affichage d'un stade
Alfredo di Stefano inauguré pour la circonstance. Voir le nom du Stade
côtoyer celui du Real sur le coup de 21 h 45. Une dimension extraordinaire
couplée, dans le désordre, à l'entrée au son de l'hymne
merengue, à l'échange de fanion entre Delmotte et Raul et à
l'annonce des équipes. Comme les Madrilènes présentaient
leur équipe type, les noms claquaient. Des Galactiques fades dit-on mais
une autre galaxie tout de même. Si le score prenait trop d'ampleur, l'objectif
des Stadistes, de bien figurer, fut pleinement rempli. Ph.L
REIMS
: Weber (Tingry, 40e puis Balijon, 46e) ; Baldé, Jeannel (Ongoly, 71e),
Delmotte (Léonard, 46e), Giraudon (Comminges, 61e) ; Ielsch (Boulanger,
61e), Bonnal, Didot (Hebbar, 46e) ; Féret (Ribas, 71e) ; Nzigou (Farssane,
61e), Baleguhé (Lundblad, 46e).
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