• Stade de Reims

Le
Stade à la croisée des chemins
| |  Si Reims ne
souhaite pas griller les étapes, sa politique générale suscite des interrogations.
Christian LANTENOIS | | 
| | | | 27-03-06
- La défaite concédée d'une courte tête, vendredi
à Nungesser, laisse une nouvelle fois aux Stadistes un goût d'inachevé. Sans
un but heureux de Mater (lequel reconnaissait à l'issue du match avoir voulu centrer),
les Rémois auraient dû repartir avec au moins un point. Appliqués en défense,
rigoureux dans l'entre-jeu au point de faire déjouer Valenciennes, il ne leur
manqua, comme souvent, que le dernier geste ou la dernière passe pour se procurer
de véritables occasions. « Il nous faudrait un
tueur devant », constate, comme tout le monde, le président
Caillot. Une carence offensive qui ne devrait toutefois pas hypothéquer les
chances de maintien, les réceptions de Laval et Sète offrant la possibilité de
plier l'affaire, même si l'on sait Reims, plus crispé à Delaune, éprouve des difficultés
à concrétiser ses louables intentions. A moins que le déplacement à Guingamp,
ce vendredi, ne réserve une bonne surprise.
Confiance
en Froger Au-delà d'une fin de championnat qui devrait permettre
d'atteindre l'objectif fixé par Jean-Pierre Caillot - entre la 8e et la 12e place
-, il est à souhaiter que la saison actuelle a permis de jeter les bases d'un
groupe dont l'ambition sera à la hausse la saison prochaine. Le président des
Rouge et Blanc confirme : « On travaille
depuis longtemps sur la prochaine équipe, on voit beaucoup de joueurs ».
Et de rappeler que Thierry Froger a « toute
(sa) confiance, n'en déplaise à certains. ». Mais de préciser
également qu'il ne veut pas « griller les étapes »
d'un projet basé sur trois ans. Mais supporters et partenaires ne sauront se
contenter éternellement d'un discours d'une surprenante prudence, visant à rassurer,
martelant qu'il faut être patient et que tout le monde travaille dans le même
sens. Heureusement encore, même si ce n'est pas toujours l'impression qui se dégage
au sein de la maison rouge et blanche.
La passion
ne suffit plus Sans renier tout ce qui a été fait depuis plusieurs
années, il est urgent que le club (dirigeants, staff et joueurs) se donne les
moyens de ses ambitions. Et pas seulement avec la construction d'une nouvelle
enceinte. Existe t-il une volonté de redonner au Stade la place qu'il mérite
dans le paysage footballistique français ? Assurément oui, ce n'est pas sur
ce point que l'on peut douter. Les moyens d'y parvenir semblent, en revanche,
plus discutables. Au-delà de l'équipe, la partie visible de l'iceberg, il y
a tout ce qui l'entoure, marketing, merchandising, communication, formation. Ces
petits riens qui crédibilisent les entreprises, ce que sont devenus les clubs
pros. La passion seule ne suffit plus. Pour parvenir à ses fins, un président
doit, déjà, s'entourer de personnes de confiance. Les exemples de clubs moins
huppés (Le Mans, Troyes ou Sedan) peuvent certainement donner quelques enseignements. La
réussite se provoque, certes, mais se construit surtout. Sûr que dans la cité
des Sacres on travaille pour joindre les actes aux discours. C'est à cette
condition, seulement, que le Stade sortira de l'anonymat de la fin de tableau
de la Ligue 2, dans lequel personne ne souhaite qu'il s'installe. Stephen
Thiebault
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