![]() | CHRISTOPHE CHENUT - 1995-2004 | ![]() | ![]() |
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23 novembre 2001
Chenut
pétille à Reims DÉFIS. Président du Stade de Reims depuis cinq ans, ce publicitaire brillant veut redonner son lustre d'antan à un club revenu de l'enfer. Son prochain objectif : la Première Division d'ici à 2005. Au quatrième étage de l'agence de pub DDB, située rue d'Amsterdam, dans le VIIIe arrondissement de Paris, les trophées récompensant divers prix de communication remplissent les vitrines, le long des couloirs. Mais dans les bureaux personnels sont exposées d'autres coupes, liées, elles, au football. Dans ce haut lieu de la publicité et du marketing international, la densité de dirigeants de club de foot surprend. Il y a d'abord Bernard Brochand, dirigeant historique du PSG, devenu député-maire de Cannes, qui a gardé son pied-à-terre chez DDB en tant que vice-président mondial du groupe. Il y a aussi Hervé Brossard, président du holding pour l'Europe, mais également vice-président de la Berrichonne de Châteauroux. Et plus loin, il y a le petit dernier, dont la carte de visite tant professionnelle que footbalistique est bien remplie. Agé de trente-neuf ans, Christophe Chenut a repris le Stade de Reims, alors classé au rang des chefs-d'œuvre en péril. Chaque lundi matin, lors de la réunion d'état-major de la société, la conférence commence donc par les résultats du week-end. Et ce ne sont pas les courbes économiques qui sont analysées en premier lieu, mais bien les variations au classement des clubs maison. « Et ça chambre dur », dit en rigolant Christophe Chenut qui passe souvent à travers les gouttes grâce aux brillantes performances de son club. « Les commentaires démarrent du PSG, empiètent sur la Berrichonne et finissent par moi, même si, maintenant, on a un petit regard sur Cannes, avec les nouvelles fonctions de Bernard. Cependant, on s'encourage aussi et on balaye le reste de l'actualité foot. Heureusement jusqu'à présent, tout le monde ne joue pas dans la même division, mais qu'est-ce que ça sera quand ça arrivera ! » Pour le moment, le jeune président champenois peut s'estimer « comblé » avec deux accessions et trois brillants parcours en Coupe de France, dont le dernier s'est achevé face à Amiens, la saison passée, en quarts de finale. Sans le savoir à l'époque, son destin avec le sextuple champion de France (1949, 1953, 1955, 1958, 1960 et 1962) s'est noué pendant un repas entre amis « Je venais de vendre mon agence, qui s'appelait Directing, à DDB tout en en conservant la direction », explique ce trentenaire aujourd'hui directeur de DDB France et de Rapp Collins Europe. « Au cours d'une discussion avec un copain, il me demande ce que ferais si, un jour, je devais arrêter mon métier. Je lui dis que reprendre une entreprise en difficulté, comme les montres Kelton, m'intéresserait. Il m'a alors lancé sur le foot, mon autre passion. On en est venu à parler de Reims. Ma famille maternelle est, en effet, originaire de la région. Ma mère est née à Epernay, et moi gamin, j'allais souvent en vacances là-bas. "Tu devrais t'y intéresser, car je crois qu'ils sont mal", m'a t'il dit. L'idée m'a alors trotté dans la tête. Je me rappelais des premiers matches que j'avais vus en culottes courtes à Auguste-Delaune. »
IL RACHÈTE LES TROPHÉES POUR 1 FRANC SYMBOLIQUE. L'idée fait son chemin. Au détour d'un couloir du siège de la rue d'Amsterdam, il en parle à Brochand, qui, aussitôt, le pousse dans son bureau. Le dirigeant parisien vient - drôle de coïncidence ! - de recevoir un fax ou, plutôt, un appel au secours de Manuel Abreu. Cet ancien joueur du PSG, alors entraîneur de Reims, lui demandait de l'aide et avait envoyé ce fax comme on lance une bouteille à la mer. Dans la foulée, Christophe se met sur le projet pour constituer un dossier dans l'intention, au départ, de « donner simplement un coup de main dans la recherche de sponsors ». Mais, entre-temps, l'ancien président de Reims décède et, dès la première assemblée générale, Chenut est adoubé. La première requête des licenciés et supporters va le surprendre. Au lieu de lui réclamer de l'argent, tous exigent la restitution des fameux trophées du club. En 1992, dans le cadre du redressement judiciaire dont faisait l'objet le Stade de Reims, Alain Afflelou les avait rachetés pour 700 000 F (106 714,31 €). Le lendemain, le tout frais président décroche son téléphone pour appeler le lunetier, qui lui revend le prestigieux magot, alors stocké au-dessus d'un de ses magasins parisiens pour 1 franc symbolique. En novembre 1996, il y a donc tout juste cinq ans, en présence des anciens du club, une cérémonie est organisée pour le retour d'un butin constitué de plus de 800 coupes et fanions. Christophe Chenut, que ses collègues de travail appellent maintenant « Le Rémois », a réussi sa première entreprise de séduction. Reste maintenant à relancer la marque Stade de Reims.
« NOUS SOMMES AU MILIEU DU GUÉ. » En s'appuyant sur des gens du cru, sur des joueurs attachés au club comme Harvey et Létang, à qui il confie la publicité et la comptabilité, ce fils de pub relance la machine grâce à un carnet d'adresses aussi épais qu'un annuaire téléphonique. Des sponsors nationaux et locaux le rejoignent pour donner encore plus de crédibilité financière à son projet. Cette saison, la tunique rémoise vaut ainsi 2 MF (304 898 €), sur un budget global de 15 MF (2,286 M€), ce qui est loin d'être négligeable. Malgré le limogeage d'Abreu la saison passée au profit de Marc Collat, le parcours de Chenut est pour l'instant jalonné de succès. Le président ne s'enflamme pas et sait qu'il est avant tout responsable d'un monument historique du football français qu'il faut, au plus vite, ravaler. « Quand je vois tout l'engouement qu'il y a aujourd'hui autour du club, je me pince parfois, surtout qu'on est encore en National, analyse ce bon joueur, qui taquine le cuir le lundi soir avec l'équipe France Pub. A chaque fois que l'on évolue à Paris avec le Stade, j'ai l'impression qu'on évolue à domicile, tellement nous avons de supporters encore partout en France. La saison dernière, nous avons par exemple, vendu près de 500 maillots de l'équipe, et les connexions sur notre site Internet sont nombreuses. Tous attendent le retour du club dans le monde pro. Moi, le premier ! Aujourd'hui, nous sommes au milieu du gué. Le National 3, c'était l'enfer ; la D2 et la D1 seront, je l'espère, le paradis. Pour l'instant, nous sommes donc au purgatoire, mais on se rapproche doucement. Mais, plus j'avance avec ce club, et plus je remarque son importance. Pour les gens, le Stade est immortel comme l'ont été Saint-Etienne ou Marseille quand ils ont été confrontés à leurs problèmes. Reims fait partie des actifs du foot français. Quand on prononce simplement ce nom, certaines personnes rajeunissent de trente ans ! Aussi souhaite-t-on tous faire revivre ce mythe au plus haut niveau, car je suis persuadé qu'il a sa place et qu'il peut bien y vivre. Comme je le dis souvent : "L'avenir est un présent du passé", et je rêve de conjuguer au plus vite cette formule avec Reims. Je suis quelqu'un qui fait les choses sur le long terme et qui est attaché à cette valeur de fidélité. Que ce soit dans le business ou, maintenant dans le foot. » En accédant au National en juin 1999, Chenut s'était ainsi donné trois saisons pour découvrir la D2. Même si la ligne d'arrivée est encore loin, il tient pour l'instant la distance. Ensuite, ce sera la D1. « Pour 2005, promet-il. Quand on sera revenu dans le milieu professionnel, tout sera alors beaucoup plus facile» FRANÇOIS
VERDENET |
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Lundi 17 mai 2004
Christophe Chenut quitte le Stade
Christophe
Chenut, quelles sont les véritables raisons de votre départ du Stade
de Reims ?
. Pourquoi
ne pas être parti dès votre nomination à l'Equipe ?
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| Vu des Tribunes : l'actualité du Stade de Reims - Rédaction-conception : Michel HAMEL |