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Lundi 15 avril 2002

 

L'Ouest transit gagnant

 

Après un périple vendéen tout bénéfice, le Stade de Reims possède les atouts pour filer à grands pas vers son objectif

 

La coulisse est devenue déserte. Les visiteurs, acteurs et spectateurs, ont repris la route de la Champagne. Dans le bungalow qui fait office de « club-house-buvette », ils sont quelque-uns à disserter sur un match qui leur a échappé par manque de lucidité et de réussite.
Parmi eux, Stéphane Guitton, socle indéfectible de la Roche VF qui ne demande à ce que l'on ne remue pas « le couteau dans la plaie » sur cette dernière tête qui va s'échouer sur la barre d'Arnaud Balijon. « Pour résumer, Reims a eu la chance du champion. Ceci dit, ils sont bien, même si je les ai trouvés moins fringants qu'à l'aller (victoire stadiste 2-0 à Saint-Quentin) ».
La Roche, en s'effritant sur le granit rémois, a peut-être manqué l'occasion de saisir le ou (et les) point(s) qui assurera (ont) la reconduction du promu 2000/2001 pour un troisième exercice de rang dans ce championnat. « Nous avons encore un petit matelas mais ça revient fort derrière. Et nous allons à Louhans sans trois de nos défenseurs de ce soir », explique encore le stoppeur yonnais.
Une arrière-garde vendéenne qui a réalisé le match parfait. Ou presque, comme celle de son invité. Grâce en autres à Arnaud Balijon Ð à l'intérim de plus en plus convaincant et, dixit Patrice Lair, « auteur d'une grande partie encore ce (samedi) soir ».


Patrice Lair : « dans la continuité »
Loin d'être souverains, les partenaires de Cyril Lafond ont eu le mérite de ne pas céder sous la pression yonnaise, crescendo au fil du premier acte.
« Nous n'avons pas retrouvé notre jeu bien léché des dernières sorties. Le stress de la fin de la saison et la peur de perdre nous ont un peu paralysés. J'espère que cela va changer dès cette semaine prochaine chez nous », relatait de son côté l'entraîneur rémois, Marc Collat.
Bien que posté derrière le grillage Ð « Une aberration, c'est nul et pas la situation idéale pour communiquer » Ð, le technicien a su faire passer le message à son adj
oint Patrice Lair, non loin de là.
Le coach de la réserve, qui signe un coup d'essai gagnant pour sa «première» à la tête de la formation fanion, a fait « dans la continuité. Je connais bien Marc et travaillant à ses côtés cette année, cela a été plus simple. C'est vrai qu'on a eu de la chance mais c'est également pour les matchs où elle nous a fui. Comme à Boulogne par exemple... On n'a pas été loin du deuxième but avec Rodrigue (Akpakoun) dans le temps additionnel. C'aurait été le gros hold-up... »


La D2 au-delà 70 points
Avec cette villégiature qui leur permet de partager le fauteuil de leader (derrière Toulouse au goal-average particulier), les Stadistes ont franchi un nouveau palier en vue de l'étage supérieur.
Même si Marc Collat réfute toute spéculation : « On sait très bien que la montée ne se fera pas à 70 points. Il va falloir encore cravacher. Nous avons encore besoin de trois succès pour cela et notamment de bien négocier nos matchs à domicile... Rien n'est fait car une série de trois rencontres devant des équipes relégables ou en difficulté (réceptions de Lusitanos et de Dijon qu'entrecoupe un déplacement à Pau, qui se rebelle) ».
Pour étayer ses propos, le technicien rouge et blanc cite l'exemple valentinois : « Avec 41 points à la trêve, ils pensaient monter facilement et on voit que cela donne. Aujourd'hui, Toulouse et Clermont sont à la peine... Ne jouons pas les fiers à bras tant que, mathématiqument, nous ne sommes pas sûrs de l'accession ».
Evoquer les trois points potentiels face au Racing ne feront pas avancer les supputations, même avec trois succès d'affilée : « Il nous reste cinq matchs. Peut-être six s'il est à rejouer. Mais au jour d'aujourd'hui, il n'existe pas pour nous », expliquait encore Collat.
Satisfait d'arriver « à gagner quand on n'est pas dans le coup. Ou en tout cas de ne pas perdre. C'est notre quatrième penalty et le deuxième que l'on marque. On a fait le boulot et tenu ensuite. La barre nous a sauvés au bon moment...», reconnaissait l'homologue d'Eric Bourget.
Reste à tirer les derniers bords au portant pour couper la ligne d'une transat au long cours. Pas un fleuve tranquille assurément...
Christophe DEVAUD (L'Union)

 
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