LIGUE 1 (2018-2019)


REIMS
ANGERS
Samedi 20/10/2018
20h
00
1-1
Traore 36'
pour Angers

Chavarria 73'
pour Reims









Un nul à l'arraché

Reims a souffert contre Angers, pliant de nombreuses fois mais ne rompant qu’une seule grâce à un excellent Mendy. L'égalisation champenoise récompense son abnégation, et punit des visiteurs supérieurs dans le jeu mais qui se sont montrés attentistes sur l’action amenant le but de Chavarria.

La plus mauvaise attaque de l’élite n’avait plus marqué dans son antre d’Auguste-Delaune depuis la deuxième journée. Alors, lorsqu’Ismaël Traoré a ouvert le score pour le SCO, on pensait que les hommes de David Guion allaient continuer à s’empêtrer dans leur stérilité offensive, et ces longs ballons vers Suk que le Sud-Coréen ne parvient pas à toucher.

Moussa Doumbia, qui effectuait son retour de blessure, se montrait toutefois visionnaire en conférence de presse : « Il faut continuer à jouer, à proposer et à travailler à l’entraînement pour aller provoquer cette réussite qui nous manque ».
De la touche après être sorti épuisé à l’heure de jeu, le Malien avait la joie de voir ses partenaires vaincre la malédiction en allant chercher une égalisation pleine de réussite et d’opportunisme, de courage aussi.

Un petit point qui fait le bonheur du Stade de Reims. L’équipe du président Caillot gagne quatre places, se repositionnant ainsi au treizième rang.
En revanche, celle de Saïd Chabane stagne au dixième échelon. Proposant un ambitieux 4-3-3 hors de ses bases, Stéphane Moulin sentait le bon coup au moment de se déplacer chez une formation en cale sèche à domicile : « On a fini un quart de la saison, déjà. Les choses commencent à se dessiner et il faut être bien placé pour arriver à la trêve en bonne position », annonçait le tacticien la veille de la rencontre.

Séduisants dans le jeu, notamment grâce aux remuants Bahoken et Reine-Adélaïde, les visiteurs créaient de nombreuses brèches dans l’arrière-garde champenoise, le tout sans concéder la moindre situation à leurs hôtes. Si Edouard Mendy repoussait un temps l’échéance, le capitaine I.Traoré venait de sa défense marquer sur corner.
Ensuite, les Scoïstes continuaient à allumer des mèches, mais sans se montrer réalistes pour autant, avant de se replier dans les vingt dernières minutes avec l’intention de tenir le score en laissant venir.
Réclamant une main, arrêtant de jouer au contraire d’Ojo qui tentait sa chance et voyait Chavarria pousser de la tête au fond après l’arrêt de Butelle, ils pourront se mordre les doigts en songeant à ces deux points perdus sur l’unique situation chaude champenoise.



Le film du match

13’
Reine-Adélaïde demande le une-deux à N'Doye avant de travailler Engels, de se mettre sur son pied droit et de croiser à une dizaine de mètres du but. E.Mendy, sorti au-devant de l'attaquant angevin, réussit un arrêt décisif en restant ferme de la main droite !
36’ (0-1)
Sur un corner sortant botté par Capelle, Thomas va plus haut que Foket au point de penalty, déviant le ballon du bout du crâne pour son capitaine, qui, libre de tout marquage sur la ligne des 5,50, crucifie Mendy en ouvrant le pied gauche !
45’+ 1
De la ligne médiane, Thomas allonge une ouverture magnifique pour Bahoken, qui a faussé compagnie à la tenaille Engels-Abdelhamid. Le Camerounais reprend directement en croisant de l'intérieur du droit, obligeant E.Mendy à une superbe parade réflexe sur sa droite.
50’
Ndom cherche Oudin d'un piqué subtil par-dessus la défense. L’attaquant rémois reprend du bout du pied avec spontanéité à l'angle des 5,50. Butelle est battu mais le ballon ne fait que rebondir sur l'intérieur du montant.
56’
Suite à un coup-franc lointain botté par Capelle, un second ballon arrive sur N’Doye, qui enchaîne avec spontanéité d'une reprise du droit croisée et puissante aux 16 mètres. E.Mendy réussit une horizontale tonique sur sa gauche pour éviter le break angevin.
73’ (1-1)
Suite à une situation confuse pendant laquelle les défenseurs angevins réclament une main d'Engels, Ojo enchaîne à l'entrée de la surface, obligeant Butelle à une parade sur sa gauche. A l'affût, Chavarria conclut de près de la tête dans la cage désertée ! L'égalisation est confirmée par le VAR.
81’
N'Doye lance Cristian Lopez dans le dos de Bjorn Engels. Sorti à grandes enjambées, E.Mendy tacle les deux pieds décollés à l'entrée de sa surface pour empêcher l'Espagnol de venir l’ajuster.

L1 (10eme journée) : REIMS – ANGERS : 1-1
Stade Auguste Delaune (10 954 spectateurs)
Temps doux – Pelouse de qualité
Arbitre : M.Wattellier (7)
Buts : Chavarria (73eme) pour Reims, I.Traoré (37eme) pour Angers.
Avertissement : Romao (56eme) pour Reims.

Reims : E. Mendy (7) – Foket (6), Engels (5), Abdelhamid (6), Konan (4) – Romao (cap) (3), Ndom (3) - Chavarria (4), Oudin (4) puis Dia (83eme), M.Doumbia (5) puis Ojo (61eme) - Suk (3) puis Martin (3) (45eme)
Angers : Butelle (4) – Manceau (5), I.Traoré (cap) (7), Thomas (6), Bamba (5) – N’Doye (5), Santamaria (5), Capelle (5) – Reine-Adélaïde (6), Bahoken (5) puis C.Lopez (74eme), Fulgini (5) puis El Melali (77eme)




AVANT-MATCH
Olivier Guegan: «Angers et Reims
sont deux clubs qui me sont chers»


Après deux saisons à la tête de Grenoble, Olivier Guegan est de retour à Angers pour y vivre. Le technicien a une histoire particulière avec le Sco et Reims, qui s’affrontent ce samedi pour le compte de la 10e journée de Ligue 1. Il se livre, notamment, sur ses deux clubs "de cœur".

Son départ de Grenoble

« Ces derniers, temps, je me régénère. Je suis de retour dans ma maison angevine depuis fin juillet. On a retrouvé nos habitudes. Cela correspond à la fin d’une très belle aventure avec Grenoble. Après mes huit années dans le staff de Reims (2016), je cherchais un nouveau projet où je pouvais m’épanouir et mettre ma patte.
L’opportunité Grenoble s’est présentée. C’était un pari gagnant-gagnant car on partait de loin. L’objectif était de revenir chez les pros le plus vite possible. Et en deux ans, on est passé du CFA à la Ligue 2. C’était inespéré d’aller aussi vite. À partir de là, j’avais des demandes qu’on n’a pas pu me donner. Donc on s’est mis autour d’une table et on s’est quitté.
Maintenant, je suis dans l’attente d’un nouveau projet. Forcément, quand on est habitué à vivre au quotidien avec un groupe, dans ce milieu-là, c’est comme une drogue. Et je suis un peu en manque.
Des rumeurs m’envoient à Rennes (pour remplacer Julien Stéphan à la tête de la réserve) ? C’est faux. Je connais très bien le président de Rennes (Olivier Letang) avec qui j’ai travaillé à Reims. Mais il n’y a pas le moindre contact. J’aspire à autre chose que le National 3. Mon objectif, c’est de retrouver l’élite, la L1 ou la L2. »

Ses années angevines
« Je suis arrivé à 17 ans (en 1989) au centre de formation, j’ai fait 10 petites années en deux passages. J’ai connu la L2 et le National en tant que joueur. C’est un passage très important dans ma carrière de joueur. J’ai des attaches très fortes avec ce club.
Mon premier passage correspondait à ma formation (1989-1994) : deux ans aspirant, trois ans stagiaire. On est monté en L1. À l’époque, je débutais juste et j’ai fait quelques matches en pro. Mais ce n’était pas simple car c’était la grosse période du club avec les (Cédric) Daury, (Laurent) Viaud, (Jean-Marie) Aubry. Il y avait deux poules de D2 et on avait terminé 1er de la poule B. On a rencontré Martigues, 1er de la poule A, pour le titre de champion. J’avais joué quelques minutes sur ces matches. Ça m’avait marqué, même si on avait perdu (1-1, 4-3).
C’étaient mes premières minutes en pro. Forcément, ça marque. À 21 ans, je touchais enfin mon rêve. Mais je n’ai pas joué en L1, je suis parti (au Paris FC). À l’époque, ce n’était pas simple pour les jeunes. Ca a été une cassure.

Le second passage était différent (2001-2004). Le club était en National et souhaitait remonter. J’étais revenu avec beaucoup de fierté. Là, j’étais un vrai acteur de l’équipe première. Ces deux passages ont été différents mais j’en ressors autant de positif. »
Stéphane Moulin
« Il fait du très bon boulot, c’est remarquable. On a joué ensemble au début de ma formation à Angers. Il marque le Sco de son empreinte. On ne dure pas aussi longtemps par hasard… Le travail est bien fait et il connaît très bien ce club.

Son passage à la tête de Reims
« J’ai signé en tant que joueur (en 2009 après un premier passage en 2000-2001) avec l’objectif de monter en L2. Un objectif qu’on a atteint. Derrière, j’intègre le staff comme adjoint d’Hubert Fournier. 33 ans après, on a réussi à ramener le club en L1. C’est une belle période dans ma carrière. C’est une grande fierté d’avoir été joueur et coach de l’équipe première de ce club. »

Le match de ce week-end
 « Ce sera forcément particulier. Angers et Reims sont deux clubs importants de ma carrière, ils me sont chers. Je vais suivre ce match avec attention.
Reims est un promu qui n’est pas dans la découverte mais qui remet le pied dans l’élite. Et il faut du temps pour se remettre au niveau. Il a quand même un budget conséquent qui avoisine les 40 millions. Ils ont les moyens pour exister dans cette division. Maintenant, il faut progresser dans le secteur offensif. C’est une équipe costaude mais qui ne marque pas de but. Le maintien passera par le développement de leur secteur offensif.
Angers est dans la continuité de ce qu’il a fait ces dernières années. C’est un club qui est programmé pour jouer le maintien mais il peut aspirer à mieux. Le problème, c’est qu’il ne peut pas garder ses meilleurs éléments. Tous les ans, le Sco est en reconstruction. Il faut être patient, très intelligent, comme ils le sont, dans le recrutement. »

Les similitudes entre Reims et Angers
« Les deux clubs se ressemblent mais ils ont deux projets sportifs différents. Angers cherche plutôt à recruter dans les niveaux inférieurs. On l’a vu avec Pépé, Toko Ekambi, Diedhiou, qui grandissent en même temps que l’équipe. La différence, c’est que Reims investit beaucoup plus dans la formation. Ils ont un centre d’entraînement ultra-moderne et commencent à en tirer les bénéfices. Quand on voit Siebatcheu, qui a été vendu pour 10 millions à Rennes, c’est que cela porte ses fruits.
La politique sportive est différente mais la gamme des clubs est sensiblement la même. A court, moyen ou long termes, ce sont deux clubs qui ont les mêmes objectifs. Il faut qu’ils restent dans l’élite pour continuer à se développer.

Son fils, Ugo, qui a signé à Saumur cet été
« L’an dernier, il avait fait une bonne saison avec moi à Grenoble, une vingtaine de matches en National. Il m’a suivi et a fini par signer à Saumur. À lui d’être performant s’il veut aspirer à jouer plus haut. Parfois, il faut savoir redescendre de niveau pour mieux rebondir. Grenoble lui avait fait une proposition d’un an, mais c’était compliqué.
Dans son cas, l‘extra-sportif entrait en jeu… Sportivement, il s’est régalé et c’est ce qu’il faut retenir. Ce qui est marrant, c’est que Julien Sourice, son entraîneur à Saumur, l’a déjà eu à l’école de foot au Sco. L’un pour l’autre, ce n’est pas des inconnus. ».



Les équipes probables
Reims : Mendy – Foket, Engels, Abdelhamid, Konan – Cafaro, Ndom, Romao – Ojo, Chavarria, Doumbia
Angers : Butelle – Manceau, Traoré, Thomas, Bamba – N’Doye, Santamaria, Capelle – Reine-Adélaïde, Bahoken, Fulgini

Les groupes
Reims : J.Carrasso, E.Mendy – Abdelhamid, Engels, Disasi, Foket, H.Kamara, Konan – Cafaro, M.Doumbia, M.Martin, Ndom, Romao – Chavarria, Dia, Ojo, Oudin, Suk
Angers : Boucher, Butelle – Ab.Bamba, Manceau, R.Thomas, Pavlovic, Is.Traoré – Capelle, Fulgini, Mangani, Manzala, C.Ndoye, Pajot, Reine-Adélaïde, Santamaria – Bahoken, El Melali, C.Lopez



 


Vu des Tribunes : l'actualité du Stade de Reims - Rédaction-conception : Michel HAMEL  

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