Fernandez
: "On a tous la pression"-
La reprise du Racing, vendredi prochain, se révélera passionnante
à plus d'un titre. En visite dans l'antre de la lanterne rouge rémoise,
les joueurs du Racing trouveront sur le banc d'en face l'inénarrable Luis
Fernandez, qui reprend du service à la faveur d'un improbable défi.
C'est
la sensation du mercato hivernal dans l'Hexagone et elle ne concerne pas un joueur
mais un homme du banc. Luis Fernandez, membre du carré magique de l'équipe
de France dans les années 80, technicien au parcours cahoteux et surprenant
depuis, star des antennes de RMC, déboule à Reims pour tenter de
maintenir le mythique Stade en L 2. Loin de se démonter devant l'ampleur
de la tâche, il exprime sa confiance habituelle à travers son verbe
original. Entretien.
- Vous êtes aux manettes du Stade de Reims depuis
la nouvelle année. Quel est votre regard sur le groupe dont vous héritez
?
- Vous savez, quand vous arrivez dans un club qui est dernier, vous ne
vous attendez pas à une folle ambiance. Les joueurs sont dans une situation
qui n'a rien d'évident et je viens avec ma passion et ma détermination.
Ce n'est pas un groupe joyeux, il est peut-être un peu démobilisé,
j'ai trouvé des garçons affectés. Mais je suis là
pour changer les choses.
- Vous avez manifesté votre foi dans sa
capacité à s'en sortir, donc à se maintenir. Quels sont les
éléments qui vous poussent à y croire ?
- C'est un
vrai beau challenge. Il y a trois ans, le président m'avait contacté
pour reprendre son équipe. Cela n'avait pas été possible
pour des raisons personnelles, liées à la famille de ma femme. Mais
j'ai depuis travaillé en Espagne pour relever ce type de challenge (ndlr
: il a notamment préservé la place de l'Espanyol Barcelone, dans
une situation assez similaire en Liga ces dernières saisons). Et je me
dis que c'est également possible dans un club avec un grand passé.
"Le
Racing est un club de L1"
- Admettez tout de même que vous
vous êtes trouvé loin de la L 2. Ne s'agit-il pas d'une lacune ?
-
Tout d'abord, je vous rappellerai que j'ai commencé avec l'AS Cannes à
cet échelon. Fondamentalement, ce championnat n'a pas changé depuis.
Tous les mardis, dans mon émission (Luis Attaque sur RMC), on
passe deux heures à échanger avec les entraîneurs et les joueurs
de L 2, on lui rend hommage, on s'y intéresse, on regarde, on observe.
C'est un championnat qui demande un état d'esprit particulier, de la volonté,
de l'engagement. C'est très différent de la L 1 et cela demande
un niveau athlétique irréprochable.
- Dans ce cadre, que vous
inspire la perspective de croiser la route des Strasbourgeois dans quelques jours,
pour votre première ?
- Tout d'abord que je préférerais
être sur le banc de Strasbourg que de Reims. Le Racing est un club de L
1. Ensuite, il y a des hauts et des bas. Mais cela n'empêche pas de le considérer
comme l'un des phares de l'Est, notamment avec son palmarès et son titre
de champion de France sous l'ère Gress.
Le Racing fait partie des favoris,
comme Metz, Lens et Montpellier. Mais Boulogne et Angers sont là. Et ils
montrent qu'on se retrouve dans un championnat ouvert où les gros ne dominent
pas aussi facilement qu'ils aimeraient les petits, où personne n'est à
l'abri d'une mauvaise surprise.
"Les
acteurs, ce sont les joueurs" (ndlr vdt
: prononcer "jouor")
-
Le Stade de Reims vit une mauvaise surprise depuis août. Ressentez-vous
de la pression devant l'ampleur de la tâche et en particulier pour le match
de vendredi ?
- La pression, je ne sais pas ce que c'est. Ou alors on a
tous la pression. J'ai entraîné en haut, j'ai entraîné
en bas. Moi, ce que je souhaite, c'est tout mettre en oeuvre pour que les joueurs
donnent tout ce qu'ils ont et sortent du terrain la tête haute.
Je viens
avec de l'envie, mais après, les acteurs, ce sont les joueurs. Je vais
tenter de leur amener mon expérience, penser à des tactiques et
des stratégies qui leur permettent de réussir.
Et ça
ne changera pas grand-chose à mon quotidien depuis des années. Tous
les soirs, on essaye de faire la meilleure audience à la radio, on essaye
d'être bon à l'antenne et de satisfaire les auditeurs, comme sur
le banc, on essaye de faire plaisir aux supporteurs et à l'entourage du
club. Et dans les deux cas, on s'appuie sur une équipe. En fait, oui, c'est
ça, on a tous la pression.
F.N.
- 05-01-09
Jean-Marc
Furlan : "Fernandez, c'est un showman"
02-01-09
- Reims-Strasbourg, c'est déjà parti ! En Alsace, le groupe
de Jean-Marc Furlan a retrouvé le chemin de l'entraînement dans un
froid glacial. Cette question ne manque pas de turlupiner dirigeants et staff
technique alsaciens. Le Racing, qui s'est consacré essentiellement à
un programme physique cette semaine, sera peut-être contraint de se replier
sur des terrains d'accueil pour basculer vers ses entraînements avec ballon.
Un recours est envisagé du côté d'Ittenheim, qui dispose d'un
terrain synthétique.
Contrairement
à Reims, pas de nouvelle tête pour la reprise, mais le staff a identifié
une priorité avec l'attaquant Mickaël Poté (Clermont). L'affaire
est cependant loin d'être conclue.
Hors
de ces considérations purement internes, la préoccupation principale
est évidemment la signature de Luis Fernandez à Reims, prochaine
destination du Racing. Aux yeux de Jean-Marc Furlan, le coach alsacien, l'arrivée
de Fernandez donne une autre saveur à ce rendez-vous dans l'antre de la
lanterne rouge de L 2.
« C'est un showman, convient Jean-Marc Furlan
à propos de son homologue rémois. On ne va plus jouer contre le
Stade de Reims, mais plutôt contre le FC Fernandez. Il va assurément
remplir le stade. Mais ça va donner de la force à mes joueurs, cela
va complètement changer l'approche du match et imposera de se méfier
du fameux choc psychologique. »

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