Vu
du Berry

Les
doutes de la Berri à domicile - Rarement capables de gagner
sur leur pelouse, parfois battus, souvent accrochés, les Castelroussins doivent
absolument réagir contre Reims.
A Gaston-Petit, les regrets
se ramassent à la pelle. Et pas seulement en automne comme dans la chanson… Depuis
le début de la saison, les Castelroussins ont disputé sept matchs sur leur pelouse
: avec à la clé deux victoires, deux défaites et trois nuls. Avec le plus souvent
cette vague impression de rester sur sa faim.
Il suffit de prendre les trois
dernières sorties à domicile pour s'en rendre compte. Contre Ajaccio, les hommes
de Cédric Daury s'étaient montrés timorés pour trouver la faille. Devant Sedan,
excellents en première période, ils étaient retombés dans leurs travers par la
suite. Et vendredi face à Angers, les Berrichons n'ont pas su conserver le résultat
à l'abord des arrêts de jeu.
Oui, vraiment rageant… Mais pas illogique non
plus. Faute de maîtrise, d'équilibre ou de fond de jeu vraiment intégré – appelez
ça comme vous voulez – la Berri n'arrive que difficilement à forcer les portes
adverses fermées à double tour. La formation castelroussine n'est d'ailleurs pas
seule dans ce cas. Les autres résultats le prouvent : il est plus confortable
d'attendre et de placer des contres que de tenter de déséquilibrer un bloc bien
en place. Il va donc falloir que les Castelroussins règlent ce souci s'ils veulent
encore jouer le haut de tableau. Ils ont perdu pour l'heure beaucoup trop de points
en route. Il faut stopper l'hémorragie. Durant une demi-heure face à Sedan, les
joueurs ont montré qu'ils avaient la capacité de le faire. Reste à se montrer
plus régulier.
Autre signe qui peut être encourageant, le réveil de Mauricio.
Dans une situation fermée, il faut pouvoir compter sur un buteur. Pas toujours
élégant et utile dans le jeu mais qui, en contrepartie, n'a pas besoin de rater
trois occasions franches pour mettre un but. Scarpelli blessé, la Berri était
jusque-là orpheline de ce genre de joueur. Depuis deux rencontres, « Guigui »
semble retrouvé ses sensations. Son but sur sa seule occasion du match à Amiens
et ses deux réalisations aussi peu esthétiques que salvatrices contre Angers illustrent
la bonne passe du renard lusitanien.
Toujours pour espérer le déclic à domicile,
il faudra également un réveil des travées de Gaston-Petit. Les « On est chez
nous » angevins ont souligné bruyamment les absences du public castelroussin.
Certes le spectacle n'est pas toujours emballant, certes ce n'est peut-être pas
dans la culture berrichonne, mais tout de même…
Frédéric
LAUNAY
Vu
de Champagne

«
Faut qu'on y'a qu'à
» - Son regard inquiet et
sa mine renfrognée de Thierry Froger traduisent l'ambiance générale
dans laquelle baigne aujourd'hui le Stade de Reims. Loin de ses objectifs initiaux,
cette équipe qui devait « continuer à grandir et, pourquoi
pas, titiller les favoris », s'interroge sur son potentiel après
plus d'un trimestre de labeur.
Mais que vaut aujourd'hui la formation rouge
et blanc ? Où se situe-t-elle réellement sur l'échiquier
de la L2 ? Possède-t-elle les qualités de combativité recherchées
par ses dirigeants durant l'intersaison, au moment de signer de nouvelles têtes
?
Derrière les chiffres, incontestablement négatifs à
l'heure de l'analyse, se dissimule le pire : une forme d'impuissance. Une incapacité
à tenir un rythme durant tout un match, à jouer collectif, les uns
avec et pour les autres, à profiter des temps faibles d'adversaires souvent
pas plus vaillants.
La saison défile et on en est encore à espérer
le retour après blessure du joueur providentiel (Sylvain Didot qui est
dans le groupe après un an d'absence) qui fera démarrer une
fois pour toutes ce moteur toussotant. « Je n'ai jamais connu une période
aussi noire », faisait justement remarquer Thierry Froger en évoquant
cette succession de blessures, le privant d'une ossature fidèle et solide.
« Que faire d'autre que le dos rond en attendant des jours meilleurs ? ».
En
pleine crise de confiance, la formation champenoise, échaudée à
Boulogne, Angers et Sedan, craignait visiblement l'eau froide picarde. Dans ses
rangs, on ne criait pas au scandale après les deux points cédés
vendredi face à une accrocheuse, voire rugueuse équipe amiénoise,
peu regardant sur la manière de faire avec ses neuf éléments
défensifs, pour peu qu'elle s'extraie au plus vite des sables mouvants
des trois dernières places.
A ceux qui faisaient la fine bouche après
ce troisième match à domicile sans victoire depuis le début
de la saison, Thierry Froger a habilement rétorqué : « Ce
n'est pas les faut qu'on ou les y'a qu'à qui m'intéressent, mais
l'investissement, l'engagement que l'on met dans notre travail. C'est peut-être
la saison qui veut ça, il faut aussi savoir se contenter de ce qu'on a
».
De ce derby épique, tendu et d'un niveau général
plutôt moyen, le coach rémois retiendra comme seul point positif
: « le fait de n'avoir pas pris de but avec une défense renouvelée
à 50 % ».
Encourageant en effet cette fragile solidité
avant deux déplacements délicats à Châteauroux demain
et à Brest vendredi. Deux tests à hauts risques pour la plus mauvaise
défense à l'extérieur de la Ligue, qui devra pourtant enfiler
le bleu de chauffe et bien caler ses protège-tibias pour glaner quelques
points salvateurs. Bref, jouer à l'Amiénoise. Qui s'en plaindra
?
Gérard
Kancel
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