Froger
appréhende déjà l'après-Nancy
L'entraîneur
rémois Thierry Froger n'a pas eu besoin de grands discours pour motiver
ses troupes avant le déplacement à Nancy. Mais il appréhende
le retour au quotidien de la Ligue 2.
03-01-08
- Que les Nancéiens
se rassurent, il y a toujours pire ailleurs. Il faisait plutôt frisquet
hier matin en Forêt de Haye lorsque les joueurs de Pablo Correa ont attaqué
leur séance. Mais à deux cent kilomètres de là, du
côté de Reims, la météo était moins enviable
encore. La preuve : hier après-midi, l'entraîneur rémois Thierry
Froger a tout simplement invité son groupe à rester à la
maison. Pelouse gelée ! Pas forcément idéal à quatre
jours d'un 32e de finale de Coupe de France chez le dauphin de la Ligue 1.
« Le terrain était en béton armé », explique
Thierry Froger, « C'est la reprise, il faut faire attention. Surtout que
l'état des troupes n'est pas exceptionnel... » Une vieille rengaine
à Reims, qui n'a pas été épargné par les pépins
depuis le début de saison. Tour à tour, Liébus, Devaux, Féret,
Didot, Burle et Inthasane ont été frapper à la porte de l'infirmerie.
Les ambitions rémoises en ont quelque peu pâti.
-
Thierry Froger, l'actuelle 15e place du Stade de Reims est assez éloignée
des objectifs de début de saison. La cascade de blessures y est-elle pour
beaucoup ?
C'est l'une des explications. Aujourd'hui, certains
joueurs sont revenus, mais il faut qu'ils avalent encore du temps de jeu. Notre
mercato à nous, ça va être un peu le retour en forme de ces
joueurs.
- Ce n'est donc pas la seule explication...
Je pense aussi que sur cette première partie de saison, nous n'avons pas
eu l'état d'esprit nécessaire à la pratique d'un sport collectif
et de haut niveau. Nous avons été très inconstants. En début
de saison, certains avaient sans doute crié un peu trop fort que Reims
avait un super groupe.
- Plus précisément,
quelle était l'origine du mal ?
Il y a eu peu de retentissement
médiatique à ce sujet, mais en début de saison les joueurs
ont fait grève pour une histoire de prime. Cela a un peu terni certaines
relations dans le groupe et l'état d'esprit s'en est ressenti. On est toujours
un peu surpris lorsqu'on voit des joueurs qui ne se mettent pas au service du
collectif. Et pour retrouver un bon état d'esprit, on dépense une
énergie que l'on ne dépense pas sur l'adversaire. Il faut du temps...
Les
joueurs en grève
- La
situation est-elle assainie ?
Les résultats de 2008 nous
diront si on va dans le bon sens. Vous savez, avant de jouer Nancy, tout est tout
beau, tout rose. Moi, j'attends de voir ce qui se passera après...
- Vos joueurs attendent donc ce 32e de finale avec impatience
?
Oui. Je pense que beaucoup raisonnent de façon individuelle.
Ce match est un grand rendez-vous qui peut leur permettre de se mettre en lumière.
Ils voudront être là. Mais j'espère aussi qu'ils auront envie
de faire quelque chose ensemble... Derrière, il y a vingt matches de championnats
très importants.
-
Quel regard portez-vous sur la saison de l'ASNL ?
Parfois, les
gens oublient que lorsque vous travaillez sur la durée, vous êtes
récompensé. Moi, j'ai croisé Nancy en Ligue 2, avec le même
entraîneur, les mêmes joueurs pour la plupart. Chaque année,
l'ASNL fait de mieux en mieux. Je ne suis pas surpris que le travail paye. Là
où l'esprit collectif est souvent galvaudé, les équipes qui
réussissent sont celles qui affichent un état d'esprit irréprochable.
Je suis très attaché à ce genre de chose. Et lorsque je vois
ce que font Nancy ou Valenciennes, je me dis que je n'ai pas entièrement
tort...
-
Faire un bon résultat à Nancy pourrait vous servir de déclic...
Oui, on va être confronté au haut niveau et on va forcément
apprendre des choses. Il faudra ensuite les retranscrire en championnat. Pour
avoir de réelles opportunités, il faudra sans doute que Nancy ne
soit pas complétement dans le match. Aujourd'hui, le fait d'avoir repris
un jour plus tôt que l'ASNL est le seul avantage dont on dispose. Pour le
reste...