Pas
si petits...

"Je
suis un petit entraîneur avec de petits joueurs", lance Thierry Froger
pour prendre ses distances avec le Grand Reims de jadis. Pour autant, cette demi-finale
de Coupe de la Ligue offre une nouvelle forme de médiatisation au Stade.
Le
groupe rémois - Liébus, Tingry - Baldé,
Barbier, Jeannel, Fontenette, Giraudon, Henrique - Ieslch, Burle, Akouzar, Féret,
Bonnal,Tiéné, Tourenne - N'zigou, Baléguhé, Fauré.
Le groupe bordelais - Ramé, Valverde Enakarhire, Henrique,
Jemmali, Jurietti, Marange, Cid - Alonso, Dalmat, Ducasse, Fernando, Francia,
Micoud, Smicer, Wendel - Chamakh, Darcheville, Perea.
> Blessés : Faubert,
Trémoulinas, Mavuba, Obertan. Choix de l'entraîneur : Dropsy, Olimpa,
Planus, Baysse, Perruchini.
Vingt
ans après sa dernière demi-finale de Coupe de France perdue face
à Marseille, le Stade de Reims va tenter ce mardi de franchir ce même
obstacle en Coupe de la Ligue en recevant les Girondins de Bordeaux dans son mythique
stade Delaune en pleine reconstruction.
Les Champenois, huitièmes de
Ligue 2, s'ouvriraient ainsi la voie du Stade de France pour un ultime match au
caractère historique, la dernière victoire du club en finale de
Coupe de France remontant à 1958 par la génération dorée
emmenée par Raymond Kopa et Roger Piantoni.
Malgré leur parcours
particulièrement soigné, marqué par les éliminations
du Stade Rennais et de l'AS Monaco, deux pensionnaires de Ligue 1, les Rémois
gardent la tête froide et évacuent au mieux une pression qui pourrait
s'avérer néfaste. "Il faudra jouer notre
jeu, comme à Rennes, et ne rien regretter. On n'a rien à voir avec
le grand Reims. Moi, je suis un petit entraîneur, avec des petits joueurs.
On veut seulement donner du bonheur au gens qui ont connu la grande époque
et en profiter à fond", explique Thierry Froger.
Les 9.200
places assises disponibles dans l'enceinte de la cité des sacres se sont
arrachées en seulement quelques heures, signe que les amoureux des Rouge
et Blanc se mettent de nouveau à rêver à une grande équipe
de football, à l'image de celle qui disputa deux finales perdues en Coupe
d'Europe des clubs champions en 1956 et 1959.
"On
sait que, si on gagne, ça peut déclencher des choses importantes.
Mais attention, il ne faut pas se tromper : nous sommes en reconstruction. Il
faut juste défendre nos couleurs le mieux possible", poursuit
l'entraîneur champenois.
Mais dans un groupe où seul le milieu
de terrain Nicolas Bonnal a disputé une finale de Coupe de la Ligue en
2001 avec Monaco, personne ne peut s'empêcher d'imaginer l'exploit et certains
veulent croire à un destin qui les amènerait au Stade de France.
"Ce
serait la cerise sur le gâteau que peu de joueurs ont la chance d'avoir
dans leur carrière. C'est un rêve qu'il faut transformer. On y pense,
mais les cadres de l'équipe vont savoir nous parler et nous dire stop",
anticipe Julien Féret, l'un des artisans de la bonne saison des Rémois.
"Aller au Stade de France avec le Stade de Reims, ce
n'est pas pareil que d'aller au Stade de France avec un autre club. Ca amène
beaucoup de fierté pour tout le monde", poursuit le milieu
de terrain de 24 ans.
Si la différence de statut fait de Bordeaux un
favori pour cette rencontre, plusieurs joueurs voient néanmoins plusieurs
éléments en leur faveur.
"Peut-être
que les équipe de Ligue 1 n'ont pas trop l'habitude des défis physiques
que l'on se livre chaque week-end dans ce championnat de Ligue 2. J'espère
que quelque chose d'inoubliable va arriver", annonce Karl Tourenne,
milieu de terrain.
Dimitri
Rahmelow