RETOUR A VU DES TRIBUNES
Vendredi 10 octobre 2003
Ses 100 premiers jours

Après 100 jours de présidence active,
Jean-Pierre Caillot, le président délégué du Stade
de Reims, ne semble pas émoussé. Il en redemande même, le
bougre. Dans son désir de reconstruire au plus vite un Stade performant,
le chef d'entreprise béthenyat ne se ménage pas.
Jean-Pierre Caillot, on peut penser que vous ne retirez
que des satisfactions de ces deux premiers mois de compétitions.
« Ca aurait pu être pire. Nous n'avons aucune raison objective de
nous plaindre de ce début de championnat. Le bilan sportif et humain
me conviennent parfaitement. En peu de temps, nous avons su créer un
dynamique gagnante au sein du club. Tous les composants adhèrent au projet
défini ».
Cela
n'a pas l'air de vous suprendre ?
« Parce que si l'on parle déjà de réussite Ð
encore qu'il faille rester modeste Ð c'est qu'on ne s'est pas trompé
au départ et que la saison a été bien préparée.
Et pas seulement au niveau sportif ».
Nourrissez-vous quand même quelques regrets ?
« Non, même pas. Encore que la défaite concédée
à Sedan en Coupe de la Ligue m'a un peu contrarié. Il ne nous
a pas manqué grand-chose pour nous qualifier. Echouer aux tirs au but
engendre de la frustration. Pour le reste, j'ai apprécié notre
réaction après les échecs de Cannes et de Louhans-Cuiseaux
».
Vous
semblez former un tandem solide avec Ladislas Lozano.
« Avec Ladislas, nous travaillons en bonne harmonie, au-delà de
mes espérances. C'est quelqu'un qui possède les valeurs humaines
que je recherchais chez un coach. Il est franc, disponible, travailleur. De
plus, son action se situe au-delà de son rôle d'entraîneur
de l'équipe professionnelle. Il s'implique directement dans tous les
rouages du club ».
Vous comptez sur lui pour bâtir le grand Stade
de demain ?
« Son travail, tout le monde le remarque, s'inscrit dans la durée.
personnellement, j'ai la volonté de colaborer avec lui pendant un certain
temps ».
Le Stade demeure invaincu à domicile, n'a lâché
que 8 points en route et en compte 7 d'avance sur le 4e. La Ligue 2 se profile
à l'horizon...
« Ne nous emballons pas. Nous sommes dans les temps, c'est tout. Si nous
comparons notre parcours avec ceux des favoris désignés en début
de championnat, nous n'avons aucune raison de nous affoler. Je demeure même
très optimiste car j'ai décelé quelques signes qui ne trompent
pas. Comme le fait de marquer en toute fin de match. Cela prouve que le groupe
est solidaire, soudé et possède une vraie culture de la gagne
».
Les nombreuses blessures ajoutées aux suspensions
et au départ de Elouaari, ont fait naître quelques inquiétudes
au niveau de l'attaque. peut-on s'attendre au recrutement d'un nouveau joueur
?
« Je ne pense pas, ce n'est pas la volonté de l'entraîneur
qui dispose de solides arguments dans ce secteur. Un joueur comme Mohamed Haddadou
va bientôt revenir, ce sera notre plus en attaque. Alexis Rouquette, une
fois débarassé de ses soucis de santé, apportera aussi
sa fraîcheur. Non, sauf circonstances exceptionnelles, le groupe actuel,
dont j'apprécie la mentalité, finira la saison ».
Ce soir à Wasquehal, vous allez retrouvez un
ancien stadiste, Cyril Lafond. La page est définitivement tournée
?
« Cyril avait des prétentions trop élevées. Nous
étions donc en désaccord. Après, il s'est ravisé,
mais c'était trop tard. Se séparer d'un tel joueur était
une décision difficile à prendre, mais un président doit
savoir trancher. J'étais d'autant plus à l'aise pour le faire
car j'estimais qu'il incarnait la fin d'un cycle ».
Quels sont vos rapports avec Christophe Chenut ?
« Normaux. Il n'est jamais intervenu dans les décisions depuis
qu'il m'a délégué la présidence. C'est une preuve
de confiance et je l'en remercie ».
Des informations alarmistes circulent concernant la
progression des travaux au stade Delaune...
« Il y a du retard et Didier Perrin, le président de l'association
qui gère ce dossier, m'en a fait part. La Ligue nous a averti que notre
accession pourrait être remise en cause si le stade n'est pas homologué
(12.000 places dont les 2/3 assises) à temps. Je pense aux
supporters, aux partenaires, bref à tous ceux qui nous soutiennent dans
ce contexte très particulier ».
On vous sent bien dans votre peau de président
délégué...
« Aujourd'hui, les interrogations sont balayées et notre compétence
est reconnue. Le Stade de Reims monte en puissance. Le coach rappelle inlassablement
aux joueurs que rien n'est acquis. J'y crois car, à plusieurs reprises,
on a fait preuve de solidité.Personnellement, je vis une aventure formidable,
grâce à la compréhension dont fait preuve ma famille. Je
suis disponible à 100 % pour mon entreprise et pour le Stade de Reims
et je suis particulière ravi de découvrir que mes employés
tirent une certaine fierté de la réussite du club ».
Recueilli par Gérard KANCEL
"Vu des Tribunes" : l'actu du Stade - Rédaction-conception : Michel HAMEL